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Ustékinumab dans la maladie de Crohn résistante aux anti-TNFα une option possible ?

Publié le 29/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prise en charge pharmacologique des patients souffrant de maladie de Crohn repose sur un arsenal thérapeutique varié, incluant les anti-TNFα Cependant un certain nombre de patients résistent, ou échappent, à un tel traitement ce qui justifie de rechercher d'autres options thérapeutiques.

L'ustékinumab est un anticorps monoclonal humain dirigé contre l'interleukine-12 et l’interleukine-23, dont les effets chez les patients ayant une maladie de Crohn n'étaient jusqu'à présent pas connus.

Cette étude a évalué l'ustekinumab chez des sujets adultes ayant une maladie de Crohn modérée à sévère et résistante à un traitement par anti-TNFα

Lors de la phase d’induction, 526 patients ont été randomisés pour recevoir soit de l'ustékinumab (à une dose de 1, 3 ou 6 mg/kg) soit du placebo à la semaine zéro, avec une évaluation de la réponse à la semaine 6.

Durant la phase de maintenance, 145 patients ayant répondu à l'ustékinumab à la sixième semaine ont été de nouveau randomisés pour recevoir une injection sous-cutanée d'ustékinumab (90 mg) ou de placebo à la semaine 8 et la semaine 16, l’efficacité étant évaluée à la semaine 22.

Le critère de jugement principal était la réponse clinique la sixième semaine.

La proportion de patients ayant obtenu le critère de jugement principal, c'est-à-dire une réponse clinique la sixième semaine, était de 36,6 %, 34,1 %, et 39,7 % pour les doses de 1, 3 et 6 mg/kg d'ustékinumab respectivement, comparativement à 23,5 % pour le placebo (P = 0,005 pour la comparaison entre le placebo et l'ustékinumab 6 mg/kg).

Le taux de rémission clinique à la sixième semaine n'était pas significativement différent entre le placebo et l'ustékinumab 6 mg/kg.

Le traitement de maintenance avec l'ustékinumab augmentait de façon significative, par rapport au placebo, le taux de rémission clinique (41,7 % vs 27,4 %, P = 0,03) et de réponse (60,4 % vs 42,5 %, P <0,001), à la 22ème semaine.

Une infection sévère est survenue chez 7 patient (6 qui recevaient de l'ustékinumab) pendant la phase d’induction et 11 patients (4 sous ustékinumab) durant la phase de maintenance. Un carcinome basocellulaire est apparu chez un malade qui prenait l’ustékinumab.

Les auteurs de cette étude concluent que les patients ayant une maladie Crohn d’intensité modérée sévère, et résistante aux anti-TNFα ont une réponse à l'ustékinumab supérieure à celle du placebo lors de la phase d’induction.

Les malades ayant eu une réponse initiale à l'ustékinumab ont également une augmentation du taux de réponse et de rémission clinique avec ce même médicament lors de la phase de maintenance.

Néanmoins les auteurs ne prennent pas position sur l'intérêt thérapeutique et le rapport bénéfice/risque de l'ustékinumab dans cette population de patients atteints de maladie Crohn.

Il est important de noter que près d'un tiers des patients ont interrompu de façon prématurée le traitement, que, globalement, le taux de réponse clinique à la sixième semaine n'est que d'environ 35 % pour l'ustékinumab, et que parmi ceux ayant répondu, moins de la moitié était en rémission à la fin de la période de maintenance.



Pr Marc Bardou


Sandborn W et coll. : Ustekinumab Induction and Maintenance Therapy in Refractory Crohn’s Disease. N Engl J Med 2012; 367: 1519-28




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