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Incidence à trois ans de la rétinopathie diabétique au sein d’une cohorte française

Publié le 30/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Dans les pays occidentaux, la rétinopathie diabétique (RD) reste la plus grande cause de cécité identifiable, malgré les progrès accomplis dans sa prise en charge, qu’il s’agisse de la précocité de son diagnostic, de l’amélioration du contrôle glycémique et d’une HTA éventuelle, sans omettre la qualité du suivi oculaire. Les résultats sont d’ailleurs tangibles mais ils se heurtent à la prévalence croissante du diabète de type 2 dans les pays en question. Ne serait-ce qu’en France, cette prévalence est passée de 2,6 % à 4,4 %, alors que le nombre d’ophtalmologistes aurait plutôt tendance à suivre la tendance inverse. Pour pallier ces obstacles, le réseau OPHDIAT a été mis en place grâce à la télémédecine dans le dessein de faciliter la surveillance annuelle du fond d’œil (FO) chez le diabétique.

C’est dans ce contexte que s’inscrit une étude de cohorte prospective française. Celle-ci a permis d’évaluer l’incidence de la RD pendant trois années au sein d’une population de diabétiques suivis à l’hôpital Lariboisière à Paris. Le dépistage de l’atteinte oculaire a été fait par l’intermédiaire du réseau OPHDIAT : des photographies numériques du fond d'œil sont réalisées puis transmises avec les données médicales vers un  centre de lecture où elles sont lues par un ophtalmologiste. A  l’occasion d’une hospitalisation annuelle du fait de leur maladie, 254 diabétiques ont bénéficié de ce type de dépistage à deux reprises, avec un intervalle de trois ans.

A trois ans, l’incidence de la RD, estimée à 14 %, a été significativement (p<0,05) associée à la durée du diabète et à la présence d’une micro- ou d’une macro-albuminurie. Les autres facteurs de risque potentiels n’ont pu être significativement associés à l’incidence de la RD.  Aucune association significative (p=0,19) n’a été mise en évidence entre cette dernière et l’insulinothérapie.
En bref, cette étude a le mérite d’estimer pour la première fois en France l’incidence de la RD, tout en mettant en évidence l’efficacité du réseau OPHDIAT. Celui-ci vise à compenser la diminution pour l’instant inexorable du nombre d’ophtalmologistes exerçant sur le territoire français. Enfin, la surveillance de la micro-albuminurie devrait être accentuée, à l’instar de celle de la pression artérielle et des taux d’HbA1c, compte tenu de l’association entre ces variables et la survenue ou la progression de la RD.



Dr Philippe Tellier


Perol J et coll.: A study of the 3-year incidence of diabetic retinopathy in a French diabetic population seen at Lariboisière Hospital, Paris. DiabetesMetab., 2012 ; 38 : 225-9.




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