Certaines études suggèrent que de bonnes habitudes alimentaires
ont un effet bénéfique sur les pathologies métaboliques même sans
perte de poids associée. Le régime méditerranéen, paradigme du «
bien manger », est clairement associé à une amélioration du profil
métabolique mais le plus souvent dans le cadre d’un régime
hypocalorique (études interventionnelles). Ses bénéfices
restent-ils vraiment significatifs sans une perte de poids en
parallèle ?
L’objectif de cette étude interventionnelle non contrôlée est
donc d’évaluer l’effet métabolique d’un régime méditerranéen
isocalorique chez des personnes obèses ou en surpoids.
Soixante-neuf sujets présentant un syndrome métabolique (non
traité) ont été inclus dans l’étude.
Ils ont été divisés en 2 groupes en fonction de leur obésité
abdominale (groupe 1 : tour de taille >102 cm chez les hommes et
88 cm chez les femmes ; groupe 2 : tour de taille entre 102 et 94
cm chez les hommes et entre 88 et 80 cm chez les femmes) puis
soumis à un régime méditerranéen isocalorique pendant 1 mois.
Les repas (environ 2 500 Kcal/j) étaient entièrement préparés et
fournis aux participants par l’unité de recherche. L’objectif
primaire était d’évaluer les modifications de certaines variables
métaboliques avant et après le régime dans chaque groupe.
Les données ont été ajustées à la faible mais significative
perte de poids enregistrée après l’intervention (-0,9 ± 1,2 kg). Le
régime méditerranéen a permis une baisse significative du
cholestérol total (-8 %) , du LDLc (-9 %), du rapport LDLc/HDLc
(-6,5 %), de l’ApoB (-9 %), de la pression artérielle systolique
(-3 %) et diastolique( -4 %) . Cette baisse est similaire dans les
2 groupes. Par contre les variables de l’homéostasie glucidique
n’ont pas varié.
Selon les auteurs l’adoption d’un régime méditerranéen
isocalorique permet une modeste amélioration du profil métabolique
indépendamment de l’état de l’obésité abdominale.
Il est clair que ces bénéfices métaboliques sont très modestes
comparés à ceux bien plus spectaculaires des régimes hypocaloriques
même déséquilibrés (type hyperprotéiné). Cette étude de faible
niveau a le mérite de soulever la question suivante : vaut-il mieux
manger « équilibré » et rester obèse ou bien manger plutôt «
déséquilibré » et maigrir ? Le débat reste ouvert.
Dr Rodi Courie
Alexandra B et coll. : The Impact of Abdominal Obesity Status on Cardiovascular Response to the Mediterranean Diet. J Obesity, 2012. doi:10.1155/2012/969124
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |