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Plaidoyer pour les maladies tropicales négligées

Publié le 30/10/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Elles sont dénommées maladies tropicales négligées. Elles touchent plus de 1 milliard de personnes, parmi les populations les plus pauvres du monde et sont à l’origine d’environ 534 000 morts chaque année. La trypanosomiase, la dengue, l’ulcère de Buruli, l’échinococcose ou encore le trachome et la schistosomiase font partie de ces maladies pour lesquelles peu de progrès thérapeutiques ont été faits depuis des dizaines d’années. Sur les 1 393 nouveaux médicaments commercialisés entre 1975 et 1999, seuls 1,1 % concernaient des maladies tropicales.

Ce désintérêt n’est pas sans conséquence sur la prise en charge de ces affections et on y est loin de la médecine basée sur des preuves, tant il est vrai que les essais thérapeutiques manquent. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée aux Etats-Unis, recensant les essais randomisés contrôlés consacrés aux traitements de 16 de ces maladies tropicales négligées, ou de leurs complications.

Car si la leishmaniose et les infections dues aux géo-helminthes ne sont pas trop mal considérées, faisant l’objet de 160 essais pour la première et de 140 essais pour les secondes, ce n’est pas le cas de la dracunculose (filaire de Médine ou ver de Guinée) et de l’ulcère de Buruli, thèmes respectivement de seulement 9 et 5 essais. Mais,en proportion de la fréquence et de la morbidité globale que représente cette pathologie c’est à la filariose lymphatique (filariose de Bancroft ou éléphantiasis) que sont consacrés le moins de travaux et avec le moins de participants.

Pour le traitement des pathologies les plus étudiées, la leishmaniose et les infections dues aux géo-helminthes, les auteurs déplorent toutefois le manque d’essais comparatifs « head to head » avec, comme conséquence, une prise en charge basée sur des preuves insuffisantes. Que dire alors de ces autres pathologies dont les traitements de première ou de seconde ligne ne s’appuientque sur un seul essai ou sur des essais comprenant moins de 100 participants : ulcère de Buruli, trypanosomiase africaine, trypanosomiase américaine, cysticercose, rage, échinococcose, leishmaniose cutanée du Nouveau Monde et trématodes d’origine alimentaire.

Les auteurs donnent quelques pistes pour ce qui leur paraît le plus urgent. Elles concernent le traitement de la leishmaniose, de l’onchocercose et de la trypanosomiase africaine pour laquelle des résistances se font jour, celui de la lèpre et de la leishmaniose viscérale, pour lesquelles les traitements sont mal tolérés, difficiles à administrer ou trop chers, les traitements de la schistomiase et des trématodes d’origine alimentaire, pour lesquels jusqu’à présent une seule molécule est disponible.



Dr Roseline Péluchon


Kappagoda S et coll. : Neglected tropical diseases: survey and geometry of randomized evidence. BMJ 2012; 345 e6512


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Vos réactions

A propos de l'ulcère de Buruli et de la lèpre

Le 05 novembre 2012

Deux points principalement :
1) L'ulcère de Buruli sur lequel en moins de 20 ans, ce qui était alors une maladie quasiment inconnue, de grands progrès ont été faits: mise en place de dépistage et surtout d'un traitement médical efficace ce qui fait que moins de 20 % des malades sont maintenant opérés (souvent au pris de séquelles) alors que 80 % sont guéris médicalement de leur infection à Mycobacterium ulcérans au pris d'une polychimiothérapie de quelques mois et ce quasiment sans séquelle. Tout ce travail a été fait en moins de 20 ans par toute l'équipe de la comission médicale de la Fondation Raoul Follereau à laquelle il serait bon de rendre hommage.
2)La lèpre qui selon les statistique de l'OMS est considérée comme éliminée: moins de 1 cas pour 10000 ce qui fait a peu près 250000 nouveaux cas recencés en 2010. On sait que ces statistiques sont probablement à multiplier par 3 par sous déclaration.
J'ai moi même en mission au Cameroun fin décembre 2011 pu aller dans le district de Poli à l'est de Garoua et constater que dans ce district le nombre de cas incidents était de 25 pour 10000 avec des invalidités de degré 1 de 1,8 pour 10000 au dépistage. Est ce vraiment l'élimination?
Dr P-Y Thiebault

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