Afin d’examiner l’éventuelle association entre activité physique
et psoriasis incident, une étude a été réalisée sur la cohorte de
116 430 infirmières nord-américaines (Nurses' Health Study II)
âgées de 27 à 44 ans à l’inclusion en 1991. Elles ont été
interrogées en 1991, 1997 et 2001 quant à l’activité physique
pratiquée, dont la durée et l’intensité ont été distinguées en 5
catégories, les activités prises en compte allant de la
marche au jogging, de la bicyclette à la gymnastique ou à la
danse, de l’entraînement physique sur machines à des
jeux comme le tennis ou le squash. Les participantes ayant des
antécédents de psoriasis avant 1991 ont été exclues. La population
de l’étude comportait alors 86 655 femmes.
Au total, 1 026 cas incidents de psoriasis ont été observés au
cours d’un suivi de 14 ans, 1991-2005). Après ajustement pour
l’âge, le tabagisme et la consommation d’alcool il est apparu que
le niveau d’activité physique était inversement associé au risque
de psoriasis.
Ainsi, les 10 % de femmes qui ont le risque relatif le plus
faible d’avoir du psoriasis sont celles qui ont l’activité physique
la plus « vigoureuse » (quintile le plus élevé) ou énergique,
correspondant en fait à l’équivalent de 120 minutes de jogging ou 3
heures de tennis ou de piscine par semaine. Ce type d’activité
semble être associé à une diminution de 25 à 30 % du risque de
présenter un psoriasis par rapport aux femmes qui font le moins
d’exercice physique. L’effet protecteur de l’activité physique
vis-à-vis du psoriasis peut s’expliquer de différentes manières :
l’exercice physique diminue l’anxiété et le stress mais il possible
aussi que sur le plan biologique il influe sur la concentration de
certaines cytokines comme le TNF ou l’IL6 et agit également sur les
taux de CRP.
Par ailleurs, il est évident que cette activité physique diminue
également les risques cardiovasculaires dont on connaît
l’augmentation de fréquence chez les patients psoriasiques.
Il faut donc recommander aux patients psoriasiques d’avoir une
activité physique soutenue et régulière avec malgré tout le risque
de ne pas être entendu par des malades qui ont souvent du mal à
exposer leur corps au regard des autres.
Dr Patrice Plantin
Frankel HC et coll.: The association between physical activity and the risk of incident psoriasis. Arch Dermatol 2012; 148: 918-24
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