> Accueil JIM > Syndrome de Pierre Robin : un phénotype, des causes génétiques différentes

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Syndrome de Pierre Robin : un phénotype, des causes génétiques différentes

Publié le 31/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le syndrome ou séquence de Pierre Robin (SPR) est défini par l’association d’une fente palatine en U, d’une micrognathie et d’une glossoptose déterminant une obstruction des voies aériennes supérieures. Sa fréquence de 1/8 500 à 1/14 000 naissances en fait l’une des malformations les plus fréquentes du nourrisson. Le SPR peut être isolé (SPRi) ou entrer dans le cadre d’un syndrome malformatif connu ou inconnu. Parmi les syndromes avec SPR associé (SPRa), les plus fréquemment cités sont le syndrome de Stickler et le syndrome vélocardiofacial (SVCF)/délétion 22q11.2. Porter le diagnostic de SPRa est important car les problèmes respiratoires et alimentaires y sont plus fréquents et sévères que dans les SPRi. Cependant, le diagnostic génétique est souvent difficile en période néonatale.

Deux équipes de San Diego et Cleveland ont réuni leurs cas de SPR, soit 125 au total, et procédé à une revue de la littérature en anglais, consacrée aux travaux qui distinguent les 2 formes, réunissant 1 282 patients.

La prise en charge initiale des 125 nourrissons reflète la diversité des situations cliniques mais aussi l’absence d’homogénéité d’une équipe à l’autre. Si la mise en décubitus ventral est utilisée de façon homogène dans les cas les moins sévères (62 %), l’attitude varie beaucoup pour les plus graves. La trachéotomie (n = 13/125), la distraction mandibulaire (n = 11/125), les deux (n = 4/125), la glossopexie (n = 7/125) et l’intubation naso-pharyngée (n = 4/125) partagent la prise en charge des plus sévères. L’alimentation par sonde a été utilisée en moyenne dans 52 % des cas, mais 79 % à Cleveland et 43 % à San Diego.

Les 2 cohortes et la revue de la littérature montrent qu’approximativement 40 % des enfants ont un SPRi et 60 % un SPRa. Le syndrome de Stickler est le plus fréquent des SPRa : 22 % des 2 séries, 14 % de la littérature. Syndrome de Stickler et syndrome de Marshall (3 %), sont  liés à des anomalies des gènes du collagène et illustrent la nécessité de rechercher une histoire familiale et d’évaluer la vue et l’audition. La délétion 22q11 (SVCF) est la 2ème cause pour les 1 282 patients (3 %) de la littérature, mais il n’y a aucun cas dans ces 2 séries où elle n’a pas été systématiquement recherchée.

Les autres causes de SPRa sont disparates, les aberrations chromosomiques et le syndrome d’alcoolisation fœtale représentent les plus importantes, de fréquences variées d’une série à l’autre. Les auteurs insistent sur la nécessité d’une réévaluation à distance et de l’examen par un généticien. Ainsi 7 patients sur 125 ont eu leur diagnostic révisé de SPRi à SPRa pendant le suivi.



Pr Jean-Jacques Baudon


Izumi K et coll. : Underlying genetic diagnosis of Pierre Robin sequence: retrospective chart review at two children’s hospitals and a systematic literature review. J Pediatr 2012 ; 160 : 645-50.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions