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Le manque de sommeil perturbe le métabolisme du tissu adipeux !

Publié le 31/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une courte durée de sommeil est associée au risque d’obésité et de diabète dans de nombreux travaux épidémiologiques. Ces observations ont été complétées par des essais cliniques montrant qu’une privation de sommeil réduit l’insulinosensibilité et la tolérance au glucose. Ces données montrent que dormir est important pour maintenir d’un métabolisme périphérique normal du glucose. Une nouvelle étude affine ces résultats en examinant pour la première fois l’effet de la privation de sommeil sur l’insulinosensibilité du tissu adipeux. Cette insulinosensibilitélocale a été quantifiée en mesurant le niveau de phosphorylation de l’Akt, une enzyme dépendante de l’action insulinique et dont le rôle est essentiel dans le métabolisme du glucose.

Sept sujets en bonne santé, de poids normal et n’ayant pas d’anomalie de la tolérance au glucose, se sont prêtés à des expériences en laboratoires. Pendant quatre jours, ils devaient dormir normalement (8h30 de sommeil) ; pendant quatre autres jours, ils étaient soumis à une restriction de sommeil, limitée à 4h30. Une biopsie du tissu adipeux sous cutané était réalisée après chacune de ces deux périodes et une mesure de l’insulinosensibilité générale par un test de charge intraveineuse en glucose était aussi effectuée. Au cours de ces expériences, les apports caloriques étaient strictement contrôlés et la durée et la qualité du sommeil était mesurées par une polysomnographie.

Une réduction de l’ordre de 30 % de la sensibilité des adipocytes à l’insuline a été observée après restriction du sommeil (diminution de 30 % de l’aire sous la courbe du ratio AKTphosphorylée/AKTtotal). Parallèlement, l’insulinosensibilité totale (mesurée dans le plasma par le test de charge en glucose) était également plus faible après les quatre jours de privation de sommeil.

Pour expliquer l’effet de la privation de sommeil sur l’adipocyte, les auteurs avancent deux principales hypothèses : d’une part, l’augmentation du cortisol et de la noradrénaline qui se lient à la cellule adipeuse ; d’autre part un effet direct par le biais du système nerveux sympathique.

L’intérêt de cette étude est de montrer pour la première fois que la privation de sommeil impacte le métabolisme du glucose au niveau du tissu adipeux. Il reste à confirmer ces données à plus grande échelle, à rechercher les autres effets moléculaires du manque de sommeil sur le tissu adipeux et d’étudier l’effet métabolique que pourrait avoir un rétablissement d’un bon sommeil chez des patients obèses et/ou diabétiques.

 



Dr Boris Hansel


Broussard JL et coll. : Impaired insulin signaling in human adipocytes after experimental sleep restriction: a randomized, crossover study. Ann Intern Med., 2012; 157: 549-57.




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