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Donnons des conseils alimentaires aux malades traités par anti TNF

Publié le 31/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le facteur de nécrose tumorale (TNF) joue un rôle essentiel dans le contrôle des infections par des bactéries intracellulaires. Avec l’introduction des thérapies anti TNF, le nombre de cas de tuberculose s’est accru et il y a eu plusieurs rapports suggérant une augmentation des autres infections à germes intracellulaires tels Listeria et salmonelles.

Des brochures d’informations ont été diffusées en janvier 2006 au Royaume Uni à destination des malades traités par anti TNF, pour délivrer des conseils d’éviction des aliments à haut risque tels que les œufs et la volaille crue.

Les auteurs de cette étude ont souhaité évaluer l’impact de ces brochures en étudiant le taux d’infection à bactérie intracellulaire avant et après cette initiative chez les malades atteints de polyarthrite rhumatoïde et traités par anti TNF.

Au total, 11 723 malades ont été inclus : 9 376 avaient débuté leur traitement avant janvier 2006 et 2 347 après.

Le suivi a duré jusqu’à la mort du malade ou sa dernière visite de contrôle ou jusqu’au 31 mars 2011. Toutes les infections à Listeria ou salmonelles ont été comptabilisées. Deux périodes ont été distinguées avant ou après le premier janvier 2006 avec quelques malades « à cheval » sur les 2 périodes.

Les taux d’infections avant ou après la diffusion du message ont été comparés chez les malades toujours sous anti TNF, chez ceux sous anti TNF au moment de l’infection et chez ceux ayant eu des anti TNF dans les 90 jours avant l’infection.

Neuf patients toujours sous anti TNF ont fait une infection à salmonelle ou à Listeria avant le 1er janvier 2006 et 6 après. Le taux d’incidence brut (IR) pour 10 000 personnes-années de suivi était de 5,1 (intervalle de confiance à 95 % [IC 95%] : 2,3 à 9,6) avant le 1er janvier 2006 et 1,4 (IC 95 % : 0,5 à 3,1) après. Cela équivaut à un ratio de 0,27 (IC 95 % : 0,15 à 0,50), soit une réduction de 73 %.

Dans l’analyse limitée aux infections qui se sont produites alors que le malade était sous traitement, une réduction similaire a été observée à partir de 2006 (IR avant le 1er janvier 4,6 ; IC 95 % : 1,8 à 9,4 et IR après 1,2 ; IC 95 % : 0,3-3 ; ratio de taux de 0,26 IC 95 % : 0,2 à 0,34).

Une diminution était également retrouvée chez les malades qui avaient eu des anti TNF dans les 90 jours ce qui signifie qu’il existait un effet résiduel du médicament.

En conclusion, dans cette grande cohorte nationale de patients atteints de PR traités par anti TNF, les taux d'infections intracellulaires ont chuté de façon spectaculaire après la diffusion aux malades de brochures d’information contenant des conseils diététiques. Cette étude montre que l’information des malades a un impact positif sur le risque d'événements indésirables.



Dr Juliette Lasoudris Laloux


Davies R et coll.: Influence of anti-TNF patient warning regarding avoidance of high risk foods on rates of listeria and salmonella infections in the UK.
Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 17 octobre.




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