Le facteur de nécrose tumorale (TNF) joue un rôle essentiel dans
le contrôle des infections par des bactéries intracellulaires. Avec
l’introduction des thérapies anti TNF, le nombre de cas de
tuberculose s’est accru et il y a eu plusieurs rapports suggérant
une augmentation des autres infections à germes intracellulaires
tels Listeria et salmonelles.
Des brochures d’informations ont été diffusées en janvier 2006
au Royaume Uni à destination des malades traités par anti TNF, pour
délivrer des conseils d’éviction des aliments à haut risque tels
que les œufs et la volaille crue.
Les auteurs de cette étude ont souhaité évaluer l’impact de ces
brochures en étudiant le taux d’infection à bactérie
intracellulaire avant et après cette initiative chez les malades
atteints de polyarthrite rhumatoïde et traités par anti TNF.
Au total, 11 723 malades ont été inclus : 9 376 avaient débuté
leur traitement avant janvier 2006 et 2 347 après.
Le suivi a duré jusqu’à la mort du malade ou sa dernière visite
de contrôle ou jusqu’au 31 mars 2011. Toutes les infections à
Listeria ou salmonelles ont été comptabilisées. Deux périodes ont
été distinguées avant ou après le premier janvier 2006 avec
quelques malades « à cheval » sur les 2 périodes.
Les taux d’infections avant ou après la diffusion du message ont
été comparés chez les malades toujours sous anti TNF, chez ceux
sous anti TNF au moment de l’infection et chez ceux ayant eu des
anti TNF dans les 90 jours avant l’infection.
Neuf patients toujours sous anti TNF ont fait une infection à
salmonelle ou à Listeria avant le 1er janvier 2006 et 6 après. Le
taux d’incidence brut (IR) pour 10 000 personnes-années de suivi
était de 5,1 (intervalle de confiance à 95 % [IC 95%] : 2,3 à 9,6)
avant le 1er janvier 2006 et 1,4 (IC 95 % : 0,5 à 3,1) après. Cela
équivaut à un ratio de 0,27 (IC 95 % : 0,15 à 0,50), soit une
réduction de 73 %.
Dans l’analyse limitée aux infections qui se sont produites
alors que le malade était sous traitement, une réduction similaire
a été observée à partir de 2006 (IR avant le 1er janvier 4,6 ; IC
95 % : 1,8 à 9,4 et IR après 1,2 ; IC 95 % : 0,3-3 ; ratio de taux
de 0,26 IC 95 % : 0,2 à 0,34).
Une diminution était également retrouvée chez les malades qui
avaient eu des anti TNF dans les 90 jours ce qui signifie qu’il
existait un effet résiduel du médicament.
En conclusion, dans cette grande cohorte nationale de patients
atteints de PR traités par anti TNF, les taux d'infections
intracellulaires ont chuté de façon spectaculaire après la
diffusion aux malades de brochures d’information contenant des
conseils diététiques. Cette étude montre que l’information des
malades a un impact positif sur le risque d'événements
indésirables.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Davies R et coll.: Influence of anti-TNF patient warning regarding avoidance of high risk foods on rates of listeria and salmonella infections in the UK.
Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 17 octobre.
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