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Des dépressions respiratoires avec les myorelaxants non-dépolarisants à durée d’action intermédiaire

Publié le 31/10/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Cent millions de doses de relaxants musculaires sont utilisées chaque année aux Etats-Unis au cours des anesthésies, dans les services de chirurgie, d’urgence ou de soins intensifs. Les myorelaxants non-dépolarisants à longue durée d’action tels le pancuronium ont été progressivement abandonnés du fait d’un risque trop élevé de dépression respiratoire post-intervention. Ils ont été remplacés par des myorelaxants non-dépolarisants de durée d’action intermédiaire.

Ces derniers ne sont toutefois pas non plus exempts de risque de complications postopératoires comme le note une étude prospective qui a inclus plus de 18 000 patients ayant reçu ce type de myorelaxants au cours d’une intervention. Ils ont été comparés à un groupe contrôle constitué d’un même nombre de patients n’ayant pas reçu ces produits.

L’utilisation d’un relaxant musculaire non-dépolarisant à durée d’action intermédiaire est associée à une augmentation du risque de désaturation postopératoire après l’extubation (odds ratio [OR] 1,36 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,23 à 1,51) et à une augmentation du risque de réintubation, de transfert en soins intensifs et de ventilation mécanique.

Les auteurs ont évalué aussi l’efficacité du monitorage qualitatif du bloc neuro-musculaire (valeur du train de quatre mesuré à l'adducteur du pouce). Outre que cette surveillance n’est réalisée que dans 48,9 % des cas, elle s’avère peu efficace et ne diminue pas le risque de désaturation postopératoire. L’on peut ici déplorer que le monitorage instrumental quantitatif n’ait pas été évalué.

Quant à la décurarisation, si elle est utilisée de manière presque systématique aux Etats-Unis, elle est loin d’être une pratique de routine en Europe. Et si l’association d’inhibiteurs de l’acétylcholinestérase et de glycopyrrolate semble concourir à une diminution de la morbidité et de la mortalité postopératoire, la néostigmine, en revanche est à l’origine d’un nombre important d’effets indésirables.



Dr Roseline Péluchon


Grosse-Sundrup M et coll. : Intermediate acting non-depolarizingneuromuscularblocking agents and risk of postoperativerespiratory complications: prospective propensity score matchedcohortstudy.
BMJ 2012; 345: e6329

http://www.bmj.com/content/345/bmj.e6329.pdf%2Bhtml



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Vos réactions

Une question

Le 01 novembre 2012

La bonne question est : en utilisant correctement les curares (monitorage, surtout au réveil, et antagonisation systématique dans les règles si on n'a pas le curamètre quantitatif) a-t-on plus de problèmes respiratoires qu'avec une anesthésie sans curare (mais avec plus de morphiniques et de narcotiques ,donc plus d'effets rémanents au réveil, sans parler de la qualité du relâchement musculaire pour le chirurgien !).
D F.Chassaing

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