Cent millions de doses de relaxants musculaires sont utilisées
chaque année aux Etats-Unis au cours des anesthésies, dans les
services de chirurgie, d’urgence ou de soins intensifs. Les
myorelaxants non-dépolarisants à longue durée d’action tels le
pancuronium ont été progressivement abandonnés du fait d’un risque
trop élevé de dépression respiratoire post-intervention. Ils ont
été remplacés par des myorelaxants non-dépolarisants de durée
d’action intermédiaire.
Ces derniers ne sont toutefois pas non plus exempts de risque de
complications postopératoires comme le note une étude prospective
qui a inclus plus de 18 000 patients ayant reçu ce type de
myorelaxants au cours d’une intervention. Ils ont été comparés à un
groupe contrôle constitué d’un même nombre de patients n’ayant pas
reçu ces produits.
L’utilisation d’un relaxant musculaire non-dépolarisant à durée
d’action intermédiaire est associée à une augmentation du risque de
désaturation postopératoire après l’extubation (odds ratio [OR]
1,36 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,23 à 1,51) et à une
augmentation du risque de réintubation, de transfert en soins
intensifs et de ventilation mécanique.
Les auteurs ont évalué aussi l’efficacité du monitorage
qualitatif du bloc neuro-musculaire (valeur du train de quatre
mesuré à l'adducteur du pouce). Outre que cette surveillance n’est
réalisée que dans 48,9 % des cas, elle s’avère peu efficace et ne
diminue pas le risque de désaturation postopératoire. L’on peut ici
déplorer que le monitorage instrumental quantitatif n’ait pas été
évalué.
Quant à la décurarisation, si elle est utilisée de manière
presque systématique aux Etats-Unis, elle est loin d’être une
pratique de routine en Europe. Et si l’association d’inhibiteurs de
l’acétylcholinestérase et de glycopyrrolate semble concourir à une
diminution de la morbidité et de la mortalité postopératoire, la
néostigmine, en revanche est à l’origine d’un nombre important
d’effets indésirables.
Dr Roseline Péluchon
Grosse-Sundrup M et coll. : Intermediate acting non-depolarizingneuromuscularblocking agents and risk of postoperativerespiratory complications: prospective propensity score matchedcohortstudy.
BMJ 2012; 345: e6329
http://www.bmj.com/content/345/bmj.e6329.pdf%2Bhtml
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Une question
Le 01 novembre 2012
La bonne question est : en utilisant correctement les curares (monitorage, surtout au réveil, et antagonisation systématique dans les règles si on n'a pas le curamètre quantitatif) a-t-on plus de problèmes respiratoires qu'avec une anesthésie sans curare (mais avec plus de morphiniques et de narcotiques ,donc plus d'effets rémanents au réveil, sans parler de la qualité du relâchement musculaire pour le chirurgien !).
D F.Chassaing
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