La prévalence de l’incontinence urinaire (IU) après
prostatectomie radicale (PR) varie de 2 à 87 % selon la définition
qu’on lui attribue, mais elle diminue toujours entre la 1ère et la
2ème année postopératoire, nombre de cas étant améliorés par simple
rééducation pelvienne. Reste que 8 à 20 % des IU seront du ressort
de la chirurgie.
Les injections endoscopiques péri-urétrales (IEP) de produits
comblants (silicone, collagène) sont souvent utilisées en 1ère
ligne, mais avec un taux de succès modéré, et qui se dégrade avec
le temps.
Le sphincter urinaire artificiel (SUA) a longtemps été considéré
comme le traitement de référence ; l’implantation de la manchette
occlusive se fait au niveau de l’urètre bulbaire. Cependant, cette
intervention complexe, qui ne peut s’envisager que dans des centres
spécialisés, ne met pas à l’abri de complications (plaies de
l’urètre, hématomes périnéaux) ni de récidives de l’IU, liées à une
atrophie urétrale ou à un dysfonctionnement mécanique.
Les bandelettes sous-urétrales (BSU), éventuellement ajustables,
entraînant une suspension ou une compression de l’urètre, sont plus
faciles à poser et leurs résultats sont encourageants.
Les auteurs ont étudié les tendances récentes en matière de
prise en charge de l’IU après PR.
Ils ont pris comme base de données les codes des interventions
effectuées par 2 036 urologues non pédiatriques aux Etats-Unis
entre 2004 et 2010. Parmi eux, 1 000 urologues (49 %) ne
pratiquaient que les IEP, 255 (12,5 %) que les SUA, et 177
(8,5 %) que les BSU, tandis que 604 (30 %) combinaient les
techniques en fonction des indications.
Le nombre d’interventions annuelles a augmenté de 73 % entre
2004 et 2010, mais essentiellement par inflation des BSU (passées
de 5 à 15 %) aux dépens des IEP, celui des SUA comme des
réinterventions restant stable (8 % après SUA et 1 % après BSU), et
c’est surtout dans les CHU que les nouvelles techniques font
florès, encore que les chirurgiens les plus spécialisés ne posent
en moyenne que 2 BSU ou 2 SUA par an.
La pose de bandelettes sous-urétrales semble être la technique
qui monte, mais les injections péri-urétrales sont encore les plus
pratiquées sur l’ensemble des Etats-Unis.
Dr Jean-Fred Warlin
Poon SA et coll. : Surgical practice patterns for male urinary incontinence: Analysis of case logs from certifying American urologists. J Urol., 2012; 188 :205-210.
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