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Avec l’arrivée du romiplostim en France, une nouvelle voie de traitement s’ouvre dans le PTI

Publié le 30/10/2009 Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Nplate® (Romiplostim) est aujourd’hui disponible en France pour le traitement du purpura thrombopénique auto-immun idiopathique (PTI) chronique, réfractaire aux autres traitements, chez les adultes splénectomisés. Le romiplostim peut également être envisagé comme traitement de seconde intention chez l’adulte non splénectomisé quand la chirurgie est contre-indiquée.

Le PTI est une maladie orpheline reconnue par l’Agence Européenne du Médicament (EMEA) et la Food and Drug Administration (FDA). C’est une affection rare mais non exceptionnelle : près de 7 000 patients sont suivis et/ou traités pour un PTI chronique en France (dont 1 800 sont réfractaires aux traitements prescrits ou reçoivent des produits potentiellement toxiques). Dans l’Union Européenne, environ 50 000 adultes sont atteints de cette affection. Le PTI de l’adulte doit être distingué de celui de l’enfant, en particulier en ce qui concerne sa présentation clinique et son évolution. Chez l’adulte, le début est souvent insidieux et l’évolution chronique dans plus de 2/3 des cas, alors que chez l’enfant, la symptomatologie s’installe plus brutalement et la guérison survient dans 80 % des cas.

Un mode d’action unique et novateur

Le romiplostim, premier facteur de croissance plaquettaire, ouvre la voie à une nouvelle approche dans la prise en charge thérapeutique du PTI. En effet, le romiplostim vise à stimuler la production médullaire plaquettaire par un mécanisme analogue à celui de la thrombopoïétine endogène (TPOe), et non à limiter la destruction périphérique des plaquettes, mode d’action des traitements jusqu’à présent disponibles. Le romiplostim est un agoniste des récepteurs à la TPOe, qui ne présente pas d’homologie de séquence avec la TPOe et ne comporte donc pas de risque d’aggravation de la thrombocytopénie par création d’anticorps anti-TPOe.

Un nouveau modèle physiopathologique à l’origine du concept

Le développement du romiplostim a été possible grâce à une bien meilleure compréhension de la physiopathologie du PTI. Il a en effet été démontré que la thrombopénie n’est pas seulement due à une destruction périphérique des plaquettes, mais qu’elle est aussi en rapport avec un trouble quantitatif et qualitatif de la production plaquettaire centrale et que les taux de TPOe sont trop faibles et/ou inadaptés.

Un traitement attendu

Cette nouvelle option thérapeutique était d’autant plus nécessaire et attendue que les traitements actuels (corticoïdes, immunoglobulines intraveineuses et splénectomie) ont une efficacité à long terme limitée du fait de leurs effets secondaires qui aboutissent fréquemment à des situations d’impasse thérapeutique. Environ 80 % des patients adultes atteints de PTI nécessitent un traitement additionnel après l’arrêt d’une corticothérapie initiale. Quant à la splénectomie, elle augmente les risques infectieux avec une probabilité de rechute non négligeable à court, moyen et long terme. De plus, elle est contre-indiquée chez certains patients.

Quelle efficacité, quelle tolérance, quelle posologie ?

L’efficacité et la tolérance d’une injection hebdomadaire de romiplostim dans le traitement du PTI ont été évaluées dans deux études internationales de phase III, multicentriques, en double aveugle, randomisées versus placebo sur une période de 6 mois. Dans la première étude ont été inclus 62 patients non splénectomisés et dans la seconde étude 63 patients splénectomisés. Au total, dans les 2 études, un taux de réponse plaquettaire globale de 83 % a été obtenu. Après les 4 premières semaines de traitement, le romiplostim a permis le maintien d’un taux de plaquettes > 50 x 109/l chez 50 à 70 % des patients pendant une période de traitement de 6 mois. Dans le groupe placebo, de 0 à 7 % des patients ont eu une réponse plaquettaire pendant les 6 mois de traitement. De plus, la plupart des patients recevant un traitement concomitant l’ont l’arrêté ou réduit (corticoïdes, azathioprine, danazol) et n’ont pas eu besoin de recourir à un traitement d’urgence. 

L’utilisation à long terme du romiplostim a été évaluée dans une étude d’extension en ouvert (d’une durée moyenne de 69 semaines et d’une durée maximale de 3 ans) à laquelle 90 % des patients, précédemment inclus, ont choisi de participer. Les principaux résultats de cette étude d’extension confirment que le traitement à long terme du PTI par romiplostim permet d’augmenter et de maintenir le taux plaquettaire chez la plupart des patients. La réponse plaquettaire, définie par un taux plaquettaire > 50 x 109/l, et un doublement du taux de base, a été obtenue chez 87 % des patients.

Coté effets secondaires, les céphalées sont l’effet indésirable le plus fréquemment rapporté avec une incidence > 10 %. Par ailleurs, une augmentation de la réticuline dans la moelle osseuse a été parfois observée. Comme avec toutes les protéines thérapeutiques, il existe un risque potentiel d’immunogénicité avec le développement d’anticorps neutralisant l’activité du romiplostim. Etant donné qu’il s’agit d’un traitement suspensif, il faut s’attendre à la réapparition de la thrombopénie à l’arrêt du traitement, dont la durée n’est pas définie.

La posologie initiale de romiplostim est de 1 µg/kg une fois par semaine en injection sous-cutanée. Le délai pour atteindre l’effet maximal sur le taux de plaquettes est de 10 à 14 jours environ, indépendamment de la dose. La posologie maximale hebdomadaire dans le PTI est de 10 µg/kg.

Des indications précises

Au total, le romiplostim représente une avancée majeure pour le traitement des PTI réfractaires chez les adultes ayant déjà été splénectomisés ou présentant une contre-indication à cette intervention.



Dr Laurence Houdouin


Conférence de presse du 8 octobre 2009 organisée par AMGEN pour la mise à disposition du romiplostim dans le traitement du purpura thrombopénique auto-immun idiopathique chronique.



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