Paris, le jeudi 12 janvier 2012 – A chaque patient, son
traitement. La maxime que certains pourraient juger simpliste tend
cependant aujourd’hui à devenir le principe de base de la médecine
moderne. Elle est notamment au cœur de la mise au point de
thérapies ciblées, nouvelle orientation thérapeutique majeure dans
le domaine de l’oncologie. Il s’agit de mettre au point des
molécules dont l’efficacité sera fonction du profil génétique du
malade. Ainsi, chez les patients présentant des cancers bronchiques
non à petites cellules (CBNPC) a été mise à jour l’existence de
mutations des récepteurs du facteur de croissance épithélial EGF
(EGFR) qui sont des facteurs prédictifs de réponse aux inhibiteurs
de la tyrosine kinase de l’EGFR. Ces mutations sont «
retrouvées chez environ 13 % des patients atteints d’un CBNPC,
elles sont plus fréquentes chez les femmes, les asiatiques, les
non-fumeurs et dans les adénocarcinomes ».
Allongement significatif de la survie et taux de réponse
multiplié par quatre
Chez ces patients, Tarceva (erlotinib) développé par les
laboratoires Roche, était jusqu’en septembre dernier indiqué comme
traitement de deuxième ou troisième ligne « avec une indication
indépendante du statut mutationnel de l’EGFR après échec d’au moins
une ligne de chimiothérapie ». Désormais, sur la base
notamment des résultats de l’étude EURTAC, « première étude
caucasienne de phase III randomisée internationale menée avec
erlotinib en traitement de première ligne chez des patients
atteints d’un CBNPC avancé et porteurs d’une mutation de l’EFGR »
ces indications ont été modifiées. L’étude EURTAC a en effet mis en
évidence un « allongement significatif de la survie sans
progression (…) avec une réduction significative du risque de décès
de 63 % et des médianes de survie sans progression de 9,7 mois pour
les patients traités par erlotinib et de 5,2 mois dans le groupe
ayant reçu de la chimiothérapie ». Par ailleurs, le taux de
réponse objective est apparu multiplié par quatre par rapport à la
chimiothérapie. Aussi, désormais, Tarceva est indiqué « en
monothérapie de première ligne chez les patients atteints d’un
cancer bronchique non à petites cellules localement avancé ou
métastatique avec des mutations activatrices de l’EGFR ».
Montée en puissance des plateformes de génétique
moléculaire
Si le développement de Tarceva représente une avancée très
importante dans le traitement du CBNPC, alors que les cancers
bronchiques restent aujourd’hui la première cause de décès par
cancer en France, son administration suppose le développement des
tests EGFR. En effet, comme le notent les laboratoires Roche : «
les critères cliniques ne sont pas suffisants pour s’assurer de
l’existence ou pas d’une mutation EGFR ; le statut mutationnel de
l’EGFR ne peut être affirmé qu’après recherche et mise en évidence
de la mutation sur l’ADN tumoral. A côté de ces mutations
activatrices du gène EGFR, existent en effet aussi des mutations de
résistances aux ITKs anti EGFR ». Pour répondre à cette
spécificité des thérapies ciblées, la France a fortement développé
son activité d’oncogénétique ces dernières années, à travers
notamment la mise en place de 28 plateformes hospitalières de
génétique moléculaire, permettant aujourd’hui selon l’Institut
national du cancer (INCA) « un accès optimal aux TKI-EGFR
». De fait, le nombre de recherche de mutation du récepteur à
l’EGFR est passé de 1 567 en 2008 à 16 748 en 2010.
Léa Crébat
Dossier de presse des laboratoires Roche
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