Comme la plupart des congrès de dermatologie depuis quelques
années, celui-ci a également fait la part belle aux nouveaux
traitements du psoriasis, dits « biologiques ».
Cependant, plusieurs communications se sont également intéressées à
un versant épidémiologique particulier de la maladie : celui
des affections qui lui sont associées.
Différentes analyses récentes ont en effet laissé entrevoir que
les patients psoriasiques avaient un risque accru de comorbidités
en particulier cardiovasculaires. Ceci est à nouveau confirmé par
l’examen des données de plus d’un millier de patients atteints de
psoriasis modéré à sévère enrôlés dans deux essais thérapeutiques
(EXPRESS II et CNTO 1275 T04) randomisés contre placebo évaluant
des traitements biologiques. Dans la première et la seconde étude,
la prévalence des diabètes de type 2, des hypertensions et des
hyperlipidémies était respectivement à l’inclusion de 9,9 % et 11,9
%, 21,1 % et 24,4 % et 18,4 % et 15 % avec une cardiopathie
ischémique dans 2,9 % et 3,8 % des cas. Globalement plus de 19 %
des malades avaient une atteinte rhumatismale dans les deux essais
et plus de 10 % souffraient de dépression. Il est à noter également
que 1,9 % des sujets dans les deux études avaient déjà eu un
carcinome basocellulaire.
Le poids des comorbidités semble encore plus lourd en cas de
rhumatisme associé. Deux cent douze malades atteints de psoriasis
en plaques et présentant également des manifestations articulaires
ont été identifiés au sein de la patientèle (formée des dix
derniers patients psoriasiques consécutifs rencontrés) de
dermatologistes de Grande Bretagne, d’Allemagne, de France,
d’Italie et d’Espagne. Ils représentaient 9,3 % de la population
totale des sujets psoriasiques ainsi constituée. Ils étaient plus
âgés (50 vs 45 ans), étaient atteints de psoriasis depuis plus
longtemps (19 vs 12 ans) et avaient une surface lésionnelle plus
étendue (27 % vs 17 %, p<0,0005 pour tous les item). Ils étaient
également plus souvent obèses (29 % vs 17 %, p<0,0005),
hypertendus (24 % vs 15 %, p=0,003) et avaient plus fréquemment des
troubles digestifs supérieurs et rénaux. Enfin, ces patients
atteints de rhumatisme psoriasique recevaient davantage de
médicaments (traitements systémiques « classiques » ou
biologiques, antidépresseurs, AINS, inhibiteurs de l’enzyme de
conversion de l’angiotensine), consultaient plus fréquemment
généralistes et spécialistes et avaient été plus souvent
hospitalisés.
Il apparaît ainsi clairement que les malades atteints de
psoriasis et surtout de rhumatisme psoriasique ont davantage de
facteurs de risque cardiovasculaire que la population générale, en
particulier de diabète, une notion essentielle à considérer dans la
prise en charge globale de ces patients.
Dr Marie-Line Barbet
Wu Y et coll. : Prevalence of cardiovascular risk factors and other comorbidies among psoriasis patients.
Sato R et coll. : Health care resource utilization and disease burden among european psoriasis and psoriatic arthritis patients.
Communications à la 65ème réunion annuelle de l’AAD, Washington 2-7 février 2007.
Copyright © Len Médical 2007