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Trabéculoplastie au laser sélectif : quelques ratés au démarrage

Publié le 05/02/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Promue depuis 1995 par les travaux de Mark Latina et de son équipe, le démarrage commercial de la trabéculoplastie au laser sélectif (TLS) a été laborieux. En dépit d'un abaissement de la pression intra-oculaire (PIO) attesté, de l'éventualité de retraitements également efficaces et de la promesse d'une technique de réalisation plus aisée que ne l'est la trabéculorétraction au laser à l'argon (TRLA), la première génération d'appareils, uniquement dédiés à la trabéculoplastie alors qu'un laser à l'argon peut être utilisé dans de nombreuses autres indications, n'a pas eu le succès escompté. Afin de sortir de cette impasse commerciale, des fabricants proposent depuis quelques années d'utiliser également, par commutation, l'énergie du laser Yag dans ses indications habituelles (capsulotomie, iridotomie, etc.), rendant ainsi cet équipement onéreux plus attractif et générant de nouvelles recherches cliniques.

La TLS est moins efficace à long terme que la trabéculorétraction

Après analyse des dossiers de 519 patients atteints de glaucome à angle ouvert et pris en charge par une trabéculoplastie au laser à Toronto (Canada) entre 1994 et 2008 [1], avec un an de suivi au minimum, la TLS est apparue moins efficace à long terme que la TRLA. Quatre groupes de patients ont été identifiés en fonction du traitement laser effectué : 364 d'entre eux ont bénéficié uniquement d'une TRLA, 179 patients ont eu une TLS seule, 106 ont eu une TRLA puis une TLS et 61 glaucomateux ont été pris en charge par deux TLS successives. En utilisant la méthode statistique de Kaplan-Meier et la nécessité d'un nouveau traitement laser ou d'une intervention chirurgicale comme critère d'échec de la technique, le temps moyen de survie a été de 75,7 mois (déviation standard [DS]=3,5) dans le groupe TRLA, de 35,4 mois (DS= 2) dans le groupe TLS, de 45,8 mois (DS=2,1) dans le groupe TRLA+TLS et de 30,7 mois (DS=1,8), dans le groupe TLS+TLS. L'espérance de succès à long terme est donc apparue plus élevée en cas de TRLA. De plus, en cas de retraitement, la TLS a été plus performante à long terme après une TRLA qu'après une première TLS, et le temps moyen de survie dans ce premier groupe de retraitement a même été supérieur à celui constaté lorsqu'une TLS isolée a été effectuée.

Mais elle pourrait être utile en cas de glaucome juvénile

Entre juillet 2008 et février 2009, neuf patients (17 yeux), atteints de glaucome juvénile, ont bénéficié d'une TLS effectuée sur 180° (2). La baisse moyenne de la PIO observée six mois après le traitement a été de 2,5 mm Hg (p=0,004). Le nombre moyen de thérapeutiques médicales antiglaucomateuses utilisées par le patient afin de contrôler la PIO a pu être réduit de 1,8±0,87 médicaments à 0,63±0,8 après hémitrabéculoplastie sélective.



Dr Henri Gracies


1. Birt CM et coll. : Long-term Survival of Argon vs. Selective Laser Trabeculoplasty in Open-Angle Glaucoma.
2. Rho SH et coll. : Selective Laser Trabeculoplasty in Patients With Juvenile Glaucoma.
2009 American Academy of Ophthalmology Joint meeting with the Pan-American Association of Ophthalmology (San Francisco) : 23-28 octobre 2009.



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