Les enquêtes épidémiologiques ont vu émerger, au cours de la
saison 2004-2005, une nouvelle souche de rotavirus du groupe A, la
souche G9. L’absence d’exposition antérieure des jeunes enfants à
cette souche et l’absence d’immunisation maternelle a fait naître
l’hypothèse que les gastro-entérites provoquées par le G9
pourraient être plus sévères que celles provoquées par les autres
génotypes du groupe.
Partant de cette hypothèse, une étude a été réalisée entre 2004
et 2007, concernant 370 enfants de moins de 5 ans, hospitalisés
pour gastro-entérite à rotavirus.
Les selles ont été analysées et l’identification du virus
effectuée par test ELISA puis RT-PCR. Les souches rencontrées le
plus souvent étant les G1 et les G9, les auteurs ont entrepris de
comparer pour ces deux souches les données telles que la gravité du
tableau clinique, évalué par le score de Vesikari, la durée de
l’hospitalisation et la nécessité d’une réhydratation par voie
veineuse.
Au total 76 selles contenaient un rotavirus du groupe G1 et 86
un rotavirus du groupe G9. Les auteurs ne notent aucune différence
entre les deux groupes concernant l’âge des patients, le sexe, ni
la durée moyenne d’hospitalisation estimée à 2,6 jours. Les scores
de Vesikari étaient eux aussi comparables, de 12,96 pour le groupe
G1 et 12 ,83 pour le groupe G9, de même que le nombre d’enfants
dont l’état de santé nécessitait une réhydratation par voie
veineuse (55,3 % du groupe G1 vs 53,5 % du groupe G9).
Les auteurs concluent que la clinique ne confirme pas
l’hypothèse de départ. L’absence d’exposition antérieure au
rotavirus du groupe G9 n’est pas responsable d’une plus grande
sévérité des manifestations cliniques des infections à ce virus.
Ils soulignent toutefois que la possibilité d’émergence de nouveaux
réassortants impose de maintenir une vigilance constante sur la
répartition des souches de rotavirus. L’introduction récente de
vaccins à rotavirus rend d’autant plus nécessaire la détection
précoce de ces nouveaux réassortants qu’ils pourraient compromettre
la protection conférée.
Dr Roseline Péluchon
Aupiais C et coll. : Sévérité des gastroentérites aiguës chez les enfants infectés par rotavirus G1 ou G9. 29e Réunion interdisciplinaire de chimiothérapie anti-infectieuse/RICAI (Paris) : 3-4 décembre 2009.
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