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Le rotavirus sous haute surveillance

Publié le 09/02/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les enquêtes épidémiologiques ont vu émerger, au cours de la saison 2004-2005, une nouvelle souche de rotavirus du groupe A, la souche G9. L’absence d’exposition antérieure des jeunes enfants à cette souche et l’absence d’immunisation maternelle a fait naître l’hypothèse que les gastro-entérites provoquées par le G9 pourraient être plus sévères que celles provoquées par les autres génotypes du groupe.

Partant de cette hypothèse, une étude a été réalisée entre 2004 et 2007, concernant 370 enfants de moins de 5 ans, hospitalisés pour gastro-entérite à rotavirus.

Les selles ont été analysées et l’identification du virus effectuée par test ELISA puis RT-PCR. Les souches rencontrées le plus souvent étant les G1 et les G9, les auteurs ont entrepris de comparer pour ces deux souches les données telles que la gravité du tableau clinique, évalué par le score de Vesikari, la durée de l’hospitalisation et la nécessité d’une réhydratation par voie veineuse.

Au total 76 selles contenaient un rotavirus du groupe G1 et 86 un rotavirus du groupe G9. Les auteurs ne notent aucune différence entre les deux groupes concernant l’âge des patients, le sexe, ni la durée moyenne d’hospitalisation estimée à 2,6 jours. Les scores de Vesikari étaient eux aussi comparables, de 12,96 pour le groupe G1 et 12 ,83 pour le groupe G9, de même que le nombre d’enfants dont l’état de santé nécessitait une réhydratation par voie veineuse (55,3 % du groupe G1 vs 53,5 % du groupe G9).

Les auteurs concluent que la clinique ne confirme pas l’hypothèse de départ. L’absence d’exposition antérieure au rotavirus du groupe G9 n’est pas responsable d’une plus grande sévérité des manifestations cliniques des infections à ce virus. Ils soulignent toutefois que la possibilité d’émergence de nouveaux réassortants impose de maintenir une vigilance constante sur la répartition des souches de rotavirus. L’introduction récente de vaccins à rotavirus rend d’autant plus nécessaire la détection précoce de ces nouveaux réassortants qu’ils pourraient compromettre la protection conférée.



Dr Roseline Péluchon


Aupiais C et coll. : Sévérité des gastroentérites aiguës chez les enfants infectés par rotavirus G1 ou G9. 29e Réunion interdisciplinaire de chimiothérapie anti-infectieuse/RICAI (Paris) : 3-4 décembre 2009.



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