Constatant le manque de données intéressant la prévalence et les
facteurs prédictifs d’embolie pulmonaire (EP) chez les patients
atteints de drépanocytose, des auteurs de Pittsburgh ont comparé
les patients atteints de drépanocytose ayant eu une EP à ceux
indemnes d’EP, en termes de données démographiques, de
comorbidités, de sévérité de la maladie et de mortalité. Ils ont
mené, à l’échelle de la Pennsylvanie, une étude cas-témoins, fondée
sur les données de sortie d’hôpital du Pennsylvania Health Care
Cost Containment Concil, pour la période 2001-2006.
Les résultats montrent, chez les patients atteints de
drépanocytose hospitalisés, une augmentation de la prévalence de
l’EP, passée de 0,51 % à 0,72 % au cours de la période d’étude dans
cet État. Cet accroissement de prévalence était associé à une plus
grande sévérité de la maladie chez les patients ayant une EP, en
comparaison de ceux indemnes EP. Les paramètres cliniques et de
laboratoire (dont ceux d’hémolyse) ne sont pas apparus prédictifs
du risque d’EP. Ni les comorbidités (dont la pneumonie, une
insuffisance cardiaque ou coronaire), ni les facteurs de risque de
thrombose (dont la prise d’œstrogènes, l’obésité, un tabagisme), ni
le fait d’être en crise drépanocytaire, ni encore la proportion de
patients HbSS, HbS/C, HbS/thal, ne sont apparus différer
significativement entre groupes avec embolie pulmonaire et sans.
Les auteurs insistent sur la nécessité d’études prospectives,
évaluant le risque d’EP, par d’autres marqueurs de sévérité.
Dr Julie Perrot
Huynh C et coll. : Pulmonary embolism in sickle cell disease : A case-control study
51st American Society of Hematology (ASH) Annual meeting (La Nouvelle-Orléans) : 5-8 décembre 2009.
Copyright