Chez les patients ayant une épilepsie, le diagnostic est le plus
souvent synonyme de maladie chronique. Les patients épileptiques
voient un certain nombre de leurs habitudes de vie se modifier,
dans leur vie professionnelle comme dans leur vie personnelle.
C’est pourquoi la recherche de comorbidités psychiatriques est un
temps important de chaque consultation. C’est également un champ de
recherche clinique et de recherche fondamentale.
Les études épidémiologiques ont depuis longtemps déjà bien
établi la relation entre épilepsie et dépression et il était
communément admis que la modification de la vie quotidienne, le
caractère chronique de la maladie et ses conséquences sociales
étaient à l’origine de ce type de comorbidités psychiatriques. Or
ces dernières années, la recherche a modifié notre regard sur ce
point. Il semblerait plutôt que des phénomènes neurobiologiques
soient impliqués dans le développement de ces perturbations.
Inversement, des études épidémiologiques ont montré que les
patients aux antécédents de dépression avaient un risque plus
important de développer une épilepsie. Des études effectuées chez
l’animal semblent confirmer cette hypothèse avec des tests
comportementaux suggérant l’existence d’une dépression avant
l’apparition des crises dans certains modèles d’épilepsie. Ce sont
surtout les travaux d’Andrey Mazarati qui ont clairement mis en
évidence le rôle de l’épileptogénèse dans la mise en place des
bases neurobiologiques favorisant la dépression.
Dr Stéphane Auvin
Kanne AM : Epilepsy and Psychiatric Disorders : The Bidirectional Comorbidity. 63ème congrès de l’American Epilepsy Society (Boston) : 4-8 décembre 2009.
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