L’hyperhomocystéinémie est un facteur de risque d’un certain
nombre de pathologies : démence, accident vasculaire cérébral et
cancer. Les conséquences dans le cadre de la maladie de
Parkinson sont encore imprécises. Des travaux antérieurs ont
montré que le traitement antiparkinsonien augmentait les taux
d’homocystéïne (Hcy). Par ailleurs, certaines études ont rapporté
que les patients parkinsoniens avec une hyperhomcystéinémie
avaient plus d’atteintes vasculaires. D’autres travaux ont montré
l’existence d’anomalies de la substance blanche et de troubles des
fonctions exécutives chez les sujets avec des taux élevés
d’homocystéine.
Un travail effectué par une équipe brésilienne corrobore ces
résultats. Les auteurs ont montré que les sujets avec une atteinte
posturale avaient des taux plus élevés d’homocystéine.
Soixante-deux patients parkinsoniens non déments vus
consécutivement ont été inclus dans cette étude. Ils étaient âgés
en moyenne de 67,2 ans et présentaient une durée moyenne
d’évolution de la maladie de 6 ans et un taux moyen d’Hcy de 15,3
μmol/l. Quarante de ces patients avaient un taux considéré comme
anormal (>13 μmol/l). Il n’existait pas de différence
significative entre les 2 groupes en termes d’âge, de durée de
maladie, de dose de L-DOPA et de score d’Hoehn et Yahr. Par contre,
le taux de patients ayant des antécédents de chutes et le score
moyen PIGD étaient plus élevés dans le groupe ayant une HCy élevée
respectivement 57,5 % versus 31,8 % (p=0,05) et 6,7 vs 3,8
(p=0,005).
Il semble donc l’hyperhomocystéinémie puisse jouer un rôle
délétère chez les sujets parkinsoniens. Doit-on dépister celle-ci
et doit-on modifier le traitement ? Il n’existe pas d’études
permettant de répondre à cette question. Des travaux controversés
ont suggéré que l’addition de vitamine B serait utile chez ces
sujets et d’autres ont rapporté une diminution des taux d’Hcy chez
les patients parkinsoniens sous entacapone. Des études contrôlées
sont nécessaires pour conclure sur l‘intérêt de ces différentes
approches.
Dr Charles Gouraud
Munhoz R et coll. : Homocysteinemia, postural instability and risk of falls in non-demented patients with Parkinson’s disease.
18th WFN World Congress on Parkinsons Disease & Related Disorders (Miami) : 13-16 décembre 2009.
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