Le traitement par pression négative, (TPN) ou VAC® (pour
Vacuum Assisted Closure®) Therapy apparu il y a une dizaine
d’années et réservé au début essentiellement à la chirurgie
plastique a peu à peu conquis d’autres spécialités médicales et
chirurgicales concernées par la prise en charge des plaies aiguës
et chroniques.
Elle consiste à maintenir les plaies sous une pression
négative ce qui crée une aspiration continue concourant à
éliminer l’exsudat et stimuler le recrutement des polynucléaires
neutrophiles et des macrophages pour la détersion de la plaie. La
mise en tension des tissus favorise dans un second temps la
formation du tissu de granulation. La vascularisation est améliorée
avec moins de phénomènes de nécrose.
Différentes plaies aiguës ou chroniques sont susceptibles d’être
traitées par la TPN, ulcères, escarres, mais aussi brûlures,
greffes etc.
Plusieurs communications au cours de ce congrès ont abordé la TPN
en pratique. L Teot de Montpellier a fait part des données du
projet STIC TPN mis en place en 2005 et impliquant 28 CHU, CH et
centres anti-cancéreux. Au total 177 plaies aiguës et 216 plaies
chroniques ont bénéficié de la TPN (vs 36 plaies aiguës et 308
plaies chroniques non traitées par cette méthode). Les
résultats sont nettement en faveur de la TPN en péri-opératoire,
dans la prise en charge des plaies aiguës et certaines plaies
chroniques en particulier les plaies du pied diabétique. La
question du coût de la TPN par rapport aux pansements modernes
reste cependant à débattre.
Une équipe de Saint-Etienne rapporte son expérience sur 310
patients traités par VAC® entre novembre 2002 et octobre 2009 : 32
% avaient une plaie opératoire, 23 % une plaie traumatique, 22 %
une escarre, 17 % un ulcère et 6 % une plaie diabétique. De bons
résultats ont été obtenus dans 77 % des cas (avec des variations
selon les indications), la durée moyenne du traitement étant de 17
jours (4 à 125), de moins en moins longue avec les années. Le coût
journalier moyen est de 95 euros.
Au CHRU de Montpellier, 161 patients ont bénéficié de la TPN
(172 plaies) en 2008. Les durées de traitement en fonction du type
de plaie ont été comparées à celles recommandées par un rapport
d’expert publié en 2004. Elles étaient conformes pour les escarres
(2,2 semaines en moyenne), les plaies abdominales (2,8 semaines)
postopératoires (2,5 sem) et traumatiques (2,8 sem), les plaies du
pied diabétique (4,1 sem) et les ulcères de jambe (1,9 sem) mais ne
l’étaient pas dans d’autres indications comme les brûlures (0,2
sem), les désunions de lambeaux (3,5 sem), les traitements post
greffe (1,2 sem) qui représentent des indications particulières où
le niveau de cicatrisation requis varie.
Quoi qu’il en soit la TPN est manifestement devenue une technique
incontournable pour la prise en charge des plaies en pratique.
Dr Marie-Line Barbet
Teot L : le rapport DHOS STIC TPN 2005
Bousquet E et coll. : Bilan de la thérapie par pression négative au CHU de Saint-Etienne après sept ans d’expérience soit 310 patients.
De Barry g et coll. : Analyse des durées de traitement par technique de pression négative au CHRU de Montpellier.
14e Conférence Nationale des Plaies et Cicatrisations (Paris) : 17-19 janvier 2010.
Copyright © Len medical