Qui prend en charge une plaie chronique -ulcère de jambe ou
plaie du pied diabétique- se concentre d’abord sur l’état de son
lit, sa largeur et sa profondeur. Mais dans l’estimation des
chances de guérison, il doit aussi prendre en compte un élément
essentiel : la qualité de la peau périlésionnelle. Car de celle-ci
dépend largement le bon déroulement du processus de cicatrisation
(développement du tissu de granulation et épithélialisation), d’une
part et d’autre part, les modifications dont elle est le siège sont
souvent le témoin de complications au niveau de la plaie ou de ses
traitements.
La fragilité de la peau périlésionnelle fine et sèche chez le
diabétique et/ou le patient vasculaire et neurologique est ainsi
susceptible de ralentir la cicatrisation mais aussi de pâtir lors
des soins : retrait de pansements ou dispositif à pression négative
par exemple. Elle justifie l’utilisation d’émollients pour lutter
contre la déshydratation et restaurer le film hydrolipidique. Une
hyperkératose, fréquente autour des plaies des pieds du diabétique
par exemple, peut également faire obstacle à la cicatrisation et
favoriser la macération et la surinfection : il importe de
l’enlever régulièrement.
L’existence d’une dermite ou d’un eczéma perilésionnels peut
résulter de l’application de topiques allergisants (antibiotiques,
antiseptiques) : ces manifestations réclament le recours à une
corticothérapie locale. Enfin, l’apparition de traînées de
lymphangite, d’un érythème avec œdème doit faire craindre une
complication infectieuse.
De manière constante, l’hygiène doit être rigoureuse : lavage de
la peau autour de la zone lésionnelle à l’eau et au savon neutre
(et de la plaie au sérum physiologique), séchage soigneux, examen
des espaces interorteils et des ongles à la recherche de mycoses.
Le maintien des pansements à l’aide de bandes est en général
préféré aux adhésifs directement collés sur la peau. Il faut se
méfier de tout système pouvant générer gêne (compression en cas
d’œdème par exemple), douleur ou traumatisme à plus forte raison
chez le diabétique où la neuropathie, fréquente, émousse ces
sensations.
Dr Marie-Line Barbet
Senet P et coll. : Gestion de la peau périlésionnelle dans les plaies chroniques, plaies du pied diabétique, ulcères de jambe.
14e Conférence Nationale des Plaies et Cicatrisations (Paris) : 17-19 janvier 2010.
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