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Cancer du sein : l’adhérence au traitement hormonal est mauvaise dans la vraie vie

Publié le 17/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’efficacité du traitement hormonal adjuvant au long cours est bien établie. En revanche, l’adhérence au traitement est mal connue, en particulier chez les femmes jeunes. L’objectif de l’étude présentée ici est d’évaluer le niveau d’observance d’un traitement hormonal adjuvant chez des femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein. L’évaluation de l’adhérence est réalisée à la fois d’après les déclarations des patientes et d’après l’analyse de la base de données des remboursements, ce qui permet de les comparer. Il a été demandé à toutes les femmes, âgées de 18 à 40 ans ayant un cancer du sein primitif, inscrites à la Sécurité Sociale et vivant dans le sud est de la France, de participer à un suivi de 5 ans. L’évaluation initiale a été réalisée par autoquestionnaire adressé par courrier, puis par interviews téléphoniques à 10, 16 et 28 mois après le diagnostic. L’observance était considérée comme bonne, d’après les données de la Sécurité Sociale, si les patientes avaient acheté au moins 80 % du traitement prescrit et qu’aucune interruption de plus de trois mois n’avait eu lieu entre deux achats. L’adhérence déclarative était considérée comme correcte, si les femmes déclaraient avoir pris au moins 80 % de leur traitement lors de chaque entretien téléphonique.

Un traitement hormonal adjuvant a été prescrit au moins une fois au cours des 28 mois de suivi après le diagnostic à 135 femmes, dont 25,2 % avait un cancer du sein de stade II et 25,3 % un stade III. Toutes avaient été opérées,  86,7 % avaient eu une chimiothérapie, et 92,6 %, une radiothérapie. Un traitement anti-estrogène seul était prescrit à 54,1 % des patientes, une association  anti-estrogènes et inhibiteur d’aromatase à 5,9 %, des anti-estrogènes et des antagonistes de la GnRH à 24,4 %, et 8,9 % d’entre elles devaient prendre une association triple anti-estrogènes, inhibiteur d’aromatase et antagoniste du GnRH. Par ailleurs, 11,1 % recevaient une autre association ne comprenant pas d’anti-estrogènes. 

L’adhérence évaluée par interview déclaratif est de 69,6 % alors qu’elle n’est que de 37, 0 % d’après les données de l’assurance maladie. L’adhérence au traitement est significativement plus élevée en cas de traitement par anti-estrogènes seuls (60,3 %) qu’en cas d’association (9,7 %) (p < 0,001). A l’évidence, il n’est pas possible de se baser sur les déclarations des patientes pour évaluer l’adhérence au traitement puisque la perception de l’adhérence est très largement  surestimée. Pour les auteurs, cette étude montre la nécessité de mettre en place des stratégies destinées à améliorer l’adhérence au traitement pour les femmes atteintes d’un cancer du sein.



Dr Emmanuel Cuzin


Rey D : Adherence to adjuvant endocrine therapy in french Young breast cancer women.
21st International Congress on Anti-Cancer Treatment/ICACT (Paris) : 1er-5 février 2010.



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