L’efficacité du traitement hormonal adjuvant au long cours est
bien établie. En revanche, l’adhérence au traitement est mal
connue, en particulier chez les femmes jeunes. L’objectif de
l’étude présentée ici est d’évaluer le niveau d’observance d’un
traitement hormonal adjuvant chez des femmes jeunes atteintes d’un
cancer du sein. L’évaluation de l’adhérence est réalisée à la fois
d’après les déclarations des patientes et d’après l’analyse de la
base de données des remboursements, ce qui permet de les comparer.
Il a été demandé à toutes les femmes, âgées de 18 à 40 ans ayant un
cancer du sein primitif, inscrites à la Sécurité Sociale et vivant
dans le sud est de la France, de participer à un suivi de 5 ans.
L’évaluation initiale a été réalisée par autoquestionnaire adressé
par courrier, puis par interviews téléphoniques à 10, 16 et 28 mois
après le diagnostic. L’observance était considérée comme bonne,
d’après les données de la Sécurité Sociale, si les patientes
avaient acheté au moins 80 % du traitement prescrit et qu’aucune
interruption de plus de trois mois n’avait eu lieu entre deux
achats. L’adhérence déclarative était considérée comme correcte, si
les femmes déclaraient avoir pris au moins 80 % de leur traitement
lors de chaque entretien téléphonique.
Un traitement hormonal adjuvant a été prescrit au moins une fois
au cours des 28 mois de suivi après le diagnostic à 135 femmes,
dont 25,2 % avait un cancer du sein de stade II et 25,3 % un stade
III. Toutes avaient été opérées, 86,7 % avaient eu une
chimiothérapie, et 92,6 %, une radiothérapie. Un traitement
anti-estrogène seul était prescrit à 54,1 % des patientes, une
association anti-estrogènes et inhibiteur d’aromatase à 5,9
%, des anti-estrogènes et des antagonistes de la GnRH à 24,4 %, et
8,9 % d’entre elles devaient prendre une association triple
anti-estrogènes, inhibiteur d’aromatase et antagoniste du GnRH. Par
ailleurs, 11,1 % recevaient une autre association ne comprenant pas
d’anti-estrogènes.
L’adhérence évaluée par interview déclaratif est de 69,6 % alors
qu’elle n’est que de 37, 0 % d’après les données de l’assurance
maladie. L’adhérence au traitement est significativement plus
élevée en cas de traitement par anti-estrogènes seuls (60,3 %)
qu’en cas d’association (9,7 %) (p < 0,001). A l’évidence, il
n’est pas possible de se baser sur les déclarations des patientes
pour évaluer l’adhérence au traitement puisque la perception de
l’adhérence est très largement surestimée. Pour les auteurs,
cette étude montre la nécessité de mettre en place des stratégies
destinées à améliorer l’adhérence au traitement pour les femmes
atteintes d’un cancer du sein.
Dr Emmanuel Cuzin
Rey D : Adherence to adjuvant endocrine therapy in french Young breast cancer women.
21st International Congress on Anti-Cancer Treatment/ICACT (Paris) : 1er-5 février 2010.
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