Entre 1987 et 2008, 3 158 lésions cervicales pré-invasives ou
micro-invasives ont été diagnostiquées dans ce centre de
colposcopie ; le contrôle histologique ayant été pratiqué suite au
dépistage d’anomalies cytologiques sur le frottis cervico vaginal.
Parmi ces patientes, 100 (3,2 %) avaient déjà été prises en charge
au cours des 20 années précédentes pour une lésion de haut grade
(n=54) ou de bas grade (n=46). Les lésions avaient été traitées par
conisation dans 32 cas et par destruction « in situ » pour
les 68 autres patientes dont 59 avaient subi une vaporisation au
laser, 4 une électro-coagulation, 4 une cryothérapie et 1 une
application de 5 FU.
Toutes ces femmes avaient été régulièrement suivies depuis le
premier traitement, et leurs frottis successifs étaient jusque là
normaux, suggérant de vraies récurrences des lésions après un
premier traitement efficace.
Les lésions lors de la récurrence étaient des lésions
malpighiennes intra-épithéliale de bas grade (LGSIL pour Low
Grade Squamous Intraepithelial Lesion) chez 30 patientes, des
lésions malpighiennes intra-épithéliale de haut grade (HGSIL pour
High Grade Squamous Intraepithelial Lesion) chez 59 patientes, un
adénocarcinome in situ (Adenocarcinoma in situ pour ACIS)
chez 2 patientes, un carcinome micro-invasif chez 4 ou invasif chez
5.
L’étude des données montre que la gravité de la récurrence n’est
pas liée au grade de la lésion antérieure, ni au temps écoulé
depuis le premier traitement, en moyenne 6,4 ans. Elle révèle par
contre une corrélation positive entre la sévérité de la récurrence
et les traitements par destruction in situ : 15 lésions de bas
grade, 16 lésions de haut grade et d’adénocarcinomes in situ et 1
carcinome micro-invasif ont été rapportés chez les patientes ayant
bénéficié antérieurement d’une conisation versus 15 lésions de bas
grade, 45 lésions de haut grade et d’adénocarcinomes in situ et 8
carcinome micro-invasif ou invasif chez celles ayant bénéficié
d’une destruction in situ. La plupart des patientes présentant des
récurrences à type de lésions de haut grade ou invasives avaient
été traitées antérieurement par vaporisation laser pour des lésions
de bas grade.
Les auteurs avancent l’hypothèse que lors des traitements par
destruction in situ, les lésions peuvent rester dissimulées dans le
canal cervical du fait du processus de cicatrisation. La
cicatrisation peut aussi être à l’origine d’une sténose du col,
rendant plus difficile la réalisation des frottis et retardant le
diagnostic, les lésions sont alors découvertes à un stade plus
avancé.
Les auteurs insistent sur le fait que la vaporisation au laser
doit être utilisée avec la plus grande prudence pour les lésions de
bas grade situées dans le canal cervical et concluent qu’un suivi
cytologique soigneux et prolongé doit être assuré, même pour les
lésions de bas grade.
Dr Roseline Péluchon
Dennis T et coll. : Ablative traitement of CIN is associated with more severe recurrence than conization.
Eurogin 2010 (Monte Carlo, Monaco) : 17-20 février 2010.
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