Les protocoles de dépistage du cancer du col de l’utérus
risquent se subir quelques bouleversements dans les prochaines
années. La connaissance de l’histoire naturelle des papillomavirus
(HPV), la montée en puissance de la vaccination, les bons indices
de sensibilité du test HPV, autant d’éléments qui remettent en
question les modes de dépistage traditionnels. Avec, au centre du
débat, la question de savoir si le frottis seul doit rester
l’examen de routine, s’il peut être remplacé par le test HPV ou
encore si leur association serait plus performante. Et en
corollaire, l’âge optimal du premier dépistage et le rythme auquel
ces examens doivent être pratiqués.
Toutes ces questions font l’objet de nombreux travaux, telle
cette étude hollandaise qui consiste en une analyse du rapport
coût-efficacité du dépistage, à partir de modélisations de
différents protocoles. Au total, 20 stratégies de dépistage
différentes ont été imaginées, modélisées et étudiées sous l’angle
de leur rapport coût/efficacité. Les auteurs ont pris le parti
d’admettre un taux de couverture par la vaccination de 100 % et une
efficacité constante de 95 % de celle-ci.
Les stratégies diffèrent par le test utilisé en première intention,
cytologie ou test HPV, par le nombre de dépistages à envisager au
cours de la vie de la femme (7, 6, 5 ou 4) et par l’âge du premier
dépistage (30 ou 35 ans).
Deux scenarii semblent remporter la palme du meilleur rapport
coût/efficacité : le test HPV s’il est réalisé 5 fois au cours de
la vie, et le frottis qui devrait être réalisé 7 fois restent d’un
bon rapport coût/efficacité.
Les auteurs ont alors envisagé l’hypothèse de la diffusion d’un
vaccin à 5 valences (16/18/31/33/45) et même à 8 valences
((16/18/31/33/45/52/58). Le dépistage resterait encore d’un bon
rapport coût/efficacité, mais seulement s’il était réalisé en tout
et pour tout une fois, par le test HPV, à l’âge de 40 ans.
Mais nous n’en sommes pas à ce scenario. Par le choix des auteurs
de partir de l’hypothèse d’une couverture vaccinale de 100 %, il
est facile d’imaginer la distance qui reste à courir avant d’y
parvenir. L’objectif des autorités de santé n’est d’ailleurs pas
celui-là, puisque la couverture vaccinale considérée comme
satisfaisante serait de 80 % des patientes. Le dépistage gardera
encore longtemps sa place en pratique dans les stratégies de
prévention du cancer du col de l’utérus. Reste à en fixer les
modalités optimales dans la « vraie vie ».
Dr Roseline Péluchon
Coupé V et coll. : How to screen for cervical cancer after HPV vaccination in the Netherlands
Eurogin 2010 (Monte Carlo, Monaco) : 17-20 février 2010.
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