La vaccination prophylactique contre les virus HPV 16 et 18
devrait permettre à terme une réduction de plus de 75 % de
l’incidence du cancer du col de l’utérus. Mais elle aura sans aucun
doute d’autres répercussions. Et notamment elle devrait avoir un
impact sur les protocoles de dépistage des anomalies cytologiques
et en premier lieu sur les indications du traditionnel frottis de
dépistage. Celui-ci a fait la preuve de son intérêt depuis
plusieurs décennies, mais aujourd’hui, avec la vaccination, la
donne a changé. En effet, quand les jeunes femmes vaccinées avant
leur premier rapport sexuel arriveront à l’âge du dépistage, la
prévalence des anomalies cytologiques détectées par le frottis
cervical devrait diminuer considérablement, ce qui à terme réduira
sa valeur prédictive positive et son rapport coût/efficacité.
Le test HPV est désormais reconnu comme ayant une spécificité
légèrement inférieure à celle de la cytologie, mais une plus grande
sensibilité pour dépister les lésions cervicales de haut grade et
les cancers. Sa valeur prédictive négative est elle aussi
plus élevée. Le « triage » par le test HPV permet ainsi d’orienter
les patientes ayant un test positif vers une colposcopie et une
biopsie, diminuant les faux positifs, les examens inutiles et les
sur-traitements.
En intervenant plus tôt dans la « filière » par la vaccination
et en augmentant la sensibilité du dépistage, il sera alors
possible d’augmenter l’intervalle entre les dépistages, améliorant
en même temps son rapport coût/efficacité.
Quand les jeunes adolescentes vaccinées arriveront à l’âge du
premier dépistage, cette approche par le test HPV présentera un
double intérêt : celui d’évaluer la durée de protection conférée
par la vaccination et celui du dépistage des cancers cervicaux.
Dr Roseline Péluchon
Franco E : Impact on screening, diagnosis and treatment
Eurogin 2010 (Monte Carlo, Monaco) : 17-20 février 2010.
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