Le vaccin bivalent contre les papillomarus 16 et 18 (HPV-16/18)
a montré son efficacité en prévention des infections persistantes
et des CIN2+ du col de l’utérus liés à ces deux types de virus. Les
HPV-16/18 sont responsables de plus de 70 % des cancers du col de
l’utérus, mais l’attention se tourne désormais vers d’autres types
de HPV, non contenus dans les vaccins, et pourtant eux aussi
responsables de cancers gynécologiques. C’est le cas des HPV-31, 33
et 45.
PATRICIA (Papillomavirus TRIal Cervical cancer In young
Adults) est le nom donné à une grande étude destinée à évaluer
l’efficacité du vaccin bivalent contre les papillomavirus 16 et 18.
Près de 20 000 femmes y ont participé, âgées de 15 à 25 ans,
réparties dans 14 pays. Les unes (n= 9 319) ont reçu le vaccin
bivalent, les autres (n=9 325) un vaccin contre l’hépatite A, en
double aveugle et selon le même schéma de vaccination à 3
injections. Un test HPV-DNA était réalisé tous les 6 mois et un
examen gynécologique clinique et cytologique tous les ans, avec un
suivi moyen de 39,5 mois après la première dose de vaccin.
Nous nous intéresserons ici aux résultats du sous-groupe de
patientes définies comme « naïves ». Ces patientes avaient au point
de départ de l’étude une cytologie normale, une sérologie négative
pour HPV-16/18 et un test DNA négatif pour 14 types de HPV
oncogènes. Dans ce sous-groupe, l’étude PATRICIA a montré une
efficacité vaccinale pour le HPV-16 de 98,2 % (89,1-100 ; p <
0,0001) et de 100 % (61,3-100 ; p = 0,0002) pour le HPV-18.
L’efficacité vaccinale contre les lésions persistant plus de 6 mois
était quant à elle de 93,3 % (89,6-95,9 ; p < 0,0001) pour le
HPV-16 et 92,5 % (85,9-96,5 ; p < 0,0001) pour le HPV-18.
Mais l’étude révèle aussi que le vaccin est efficace
contre 3 autres types de virus HPV oncogènes, les 31, 33 et 45,
avec une protection contre le CIN2+ de 100 %, 72,3 % et 100 %
respectivement, et de 77,5 %, 43,5 % et 81,4 % contre les lésions
persistant plus de 6 mois.
Cette efficacité additionnelle est une bonne nouvelle. La
protection croisée qu’elle révèle contre ces 3 autres types de
virus oncogènes les plus courants permet d’envisager une prévention
primaire plus efficace que celle attendue initialement sur la
réduction des lésions cancéreuses et pré-cancéreuses du col de
l’utérus.
La diminution du rapport coût/bénéfice des campagnes de
vaccination serait une autre conséquence de cette protection
croisée, non négligeable.
Dr Roseline Péluchon
Naud P et coll. : Cross-protective efficacy of the A S04-Adjuvanted HPV-16/18 vaccine against oncogenic HPV-31,-33 et -45.
Szarewski A et coll. : Patricia phase III Trial : Efficacy of the A S04-Adjuvanted HPV-16/18 vaccine women aged 18-25 years.
Eurogin 2010 (Monte Carlo, Monaco) : 17-20 février 2010.
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