Le nouveau calendrier vaccinal, élaboré à partir des
recommandations du Comité technique des vaccinations, était publié
dans le numéro d’avril dernier du Bulletin épidémiologique
hebdomadaire. On pouvait y lire que, cette année, la vaccination
systématique contre les méningites à méningocoques du sérogroupe C
était recommandée, à une dose pour les nourrissons de 1 à 24 mois
avec rattrapage pour les plus vieux jusqu’à 24 ans révolus. Une
mesure justifiée pour le Comité par la gravité de l’infection,
responsable chaque année en France d’une trentaine de décès et
d’autant de séquelles chez ceux qui en ont réchappé. Cette
publication a aussi permis de faire le point sur l épidémiologie
actuelle des méningites bactériennes hexagonales... Ont ainsi été
étudiés les principaux microorganismes en cause aujourd’hui dans
cette pathologie gravissime chez les plus petits.
En France, un réseau multicentrique comprenant des pédiatres et
des microbiologistes (GPIP/ACTIV) y consacre ses activités
depuis plusieurs années et publie régulièrement ses données. Un
article très récent, paru en février dans Pediatric Infectious
Diseases, journal de référence en pédiatrie, précisait que
Neisseria (N) meningitidis représentait entre 2001 et 2005 la
moitié des isolats des juniors, avec les fréquences respectives de
6,23 %, 33,7 %, 2,9 %, 0,6 % et 0,6 % pour les sérogroupes B, C,
W135, A et Y.
Les données présentées à Nice par le même réseau permettent
d’affiner un peu ces statistiques, à partir de 3 376 méningites
déclarées entre 2001 et 2008 par 252 services de pédiatrie et/ou
168 laboratoires de microbiologie. On y constate que N.
meningitidis comptait pour 31,7 % des étiologies de méningites chez
les moins de 24 mois, contre 29,1 % pour Streptococcus pneumoniae.
Tous âges confondus (dernière tranche pour les plus de 5 ans), les
autres micro-organismes isolés étaient Haemophilus
influenzae (n = 89 ; 3 %), le streptocoque du groupe B (n =
479 ; 14 %), Escherichia coli (n =192 ; 6 %),
Mycobacterium tuberculosis (n = 10 ; 0,3 %), divers non
précisé (n = 127 ; 4 %).
Comme le soulignent les auteurs dans leur conclusion, les études
du GPIP/ACTIV représentent la plus grande série de méningites
bactériennes jamais collectée en France. Très bientôt seront
instaurés, chez nous comme ailleurs, de nouveaux vaccins (PCV 13 ou
vaccins conjugués) et des schémas d’immunisation simplifiés faisant
appel à un nombre réduit d’injections. On saura, grâce à ces études
et aux prochaines, si ces nouvelles attitudes étaient licites et
quel(s) impact(s) elles auront eu sur l’épidémiologie des
méningococcies et plus largement des méningites bactériennes.
Dr Jack Breuil
Levy C et coll. : Surveillance network of bacterial meningitis in French children : 3376 cases in 8 years. 28th annual meeting of the European Society for Paediatric Infectious Diseases (Nice) : 4 – 8 mai 2010.
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