Après avoir été hospitalisés pour un infarctus du
myocarde, les patients sont suivis par leur généraliste. Mais
quelle est la qualité de ce suivi, est-elle conforme aux
recommandations ?
Une étude observationnelle réalisée chez 118 patients suivis en
médecine générale après un infarctus apporte des éléments de
réponse. Les résultats montrent que les objectifs thérapeutiques et
biologiques et/ou l’arrêt du tabac n’ont été atteints que chez 38 %
des patients à 6 mois et chez 30 % à un an. Ce qui signifie que la
très grande majorité des patients n’atteint pas les objectifs
recommandés. Le traitement BASI (B pour bêta-bloquant, A pour
antiagrégant plaquettaire, S pour statine, et I pour inhibiteur de
l’enzyme de conversion) était optimal chez trois quart des patients
à la sortie de l’hôpital et chez moins de la moitié (48 %) à un an.
Le traitement par statine est bien suivi : 90 % des patients à un
an étaient encore sous statine. Les bêta-bloquants obtiennent un
bon score avec 84 % des patients prenant un tel traitement à un an.
Les IEC/ARA II (antagoniste de l’angiotensine II) font un peu moins
bien avec 78 % d’utilisateurs à un an. Le respect de la bithérapie
par antiagrégant plaquettaire n’est pas correct avec une chute de
95 % après l’hospitalisation à 68 % à un an. Quant aux doses
prescrites elles sont largement insuffisantes puisque seulement
environ 30 % des patients prennent une dose optimale de
bêta-bloquant et d’IEC/ARA II.
Ces résultats démontrent que la prise en charge post-infarctus
en médecine générale est insuffisante. Les auteurs estiment que des
évaluations des pratiques par des audits permettraient d’améliorer
cette situation.
Dr Emmanuel Cuzin
Abdallah K et coll. : Suivi médicamenteux et biologique du post infarctus en médecine générale.
6e congrès de Médecine Générale (Nice) : 21-23 juin 2012.
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