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Quels sont les facteurs de risque d’infection à adénovirus dans la greffe de cellules hématopoïétiques chez l’enfant ?

Publié le 23/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’infection à Adénovirus (Adv) est une complication infectieuse redoutée au décours d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques, pouvant provoquer des infections polyviscérales disséminées (pneumonies, diarrhées, hépatites et atteintes rénales).

Une équipe française a voulu déterminer les facteurs de risque de survenue de cette complication en étudiant prospectivement le devenir de 65 enfants au décours des 12 mois suivant leur greffe, à raison d’une détection moléculaire hebdomadaire de l’Adv dans le sang et les selles des petits patients. L’excrétion était définie par la présence de virus dans les selles tandis que la virémie signait l’infection et la virémie accompagnée d’une symptomatologie constituait la maladie.

Trois mois après la greffe, les incidences cumulées de l’excrétion fécale, de l’infection et de la maladie étaient de 39 %, 21 % et 17 % respectivement. L’excrétion était associée aux facteurs de risque suivants : âge < 6 ans, greffe de cellules de sang de cordon (GSC), donneur non apparenté avec mismatch, traitement préventif de la réaction du greffon contre l'hôte (GHV) par corticoïdes. L’infection était de plus associée à une GVH de grade 3-4, et la maladie, à la GHV 3-4 et à la GSC. Ces deux deniers items restaient prédictifs d’infection et de maladie en analyse multivariée.

Un dépistage moléculaire de la virémie à Adv devrait donc être proposé aux enfants greffés en cellules souches hématopoïétiques présentant l’un de ces facteurs de risque. La détection d’une virémie à Adv doit faire considérer un traitement préemptif immédiat chez ceux ayant subi une GSC ou présentant une GVH de grade 3-4. En effet, ils sont alors très à risque de développer la maladie et, outre une molécule antivirale (le cidofovir) à l’efficacité relative en l’absence de reconstitution immunitaire spécifique anti-Adv, le traitement consiste en une immunothérapie adoptive. Or, cette dernière requiert un temps de latence non négligeable avant la mise à disposition des lymphocytes T anti-Adv à partir des cellules du donneur.



Dr Muriel Macé


Le Goff J et coll. : Risk factors for Adenovirus infection and disease in pediatric hematopoietic stem cell transplant patients. 52nd Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC) (San Francisco, Californie) : 9-12 septembre 2012.



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