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GRANDES ETUDES

Fibrinolyse pour AVC : l’ajout d’aspirine ne semble apporter aucun bénéfice

Publié le 27/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir


Les bénéfices et les limites de la fibrinolyse intraveineuse à la phase aiguë de l'accident vasculaire cérébral (AVC) sont actuellement bien connus. Le taux de recanalisation de l’artère initialement occluse est d'environ 46 %. Mais dans 14 à 30 % des cas, l'artère peut se « ré-occlure » avec généralement pour conséquences une aggravation clinique. Plusieurs travaux suggèrent que cette récidive est liée à une augmentation de l'agrégation plaquettaire, l’atteinte endothéliale et probablement au traitement thrombolytique. Il a été signalé que la recanalisation précoce était obtenue plus facilement chez les patients déjà sous traitement anti plaquettaire. De plus, dans le traitement de l'infarctus du myocarde, la combinaison de la fibrinolyse et d’un anti plaquettaire diminue la mortalité. Ces différents arguments ont justifié la mise en place d’un essai thérapeutique évaluant l'impact d'un traitement antiagrégant précoce après fibrinolyse.

ARTIS est un essai thérapeutique multicentrique, randomisé en ouvert, effectué dans 37 centres néerlandais. Dans cette étude, les patients traités par altéplase ont été randomisés dans deux groupes : dans l’un ils recevaient un bolus de 300 mg d'aspirine injecté par voie intraveineuse dans les 90 minutes après le début de l'administration d’altéplase et dans l’autre, aucun traitement supplémentaire. Tous ont ensuite eu un traitement anti plaquettaire par voie orale, débuté 24 heures après le traitement fibrinolytique.

Au total, 642 patients ont été inclus entre juillet 2008 et avril 2011. Mais l’essai a été interrompu en raison de l'absence de bénéfice dans le groupe traité par aspirine sur le score fonctionnel de Rankin à trois mois et surtout d’un excès d'hémorragie intracrânienne (14 patients [4,3 %] dans le groupe aspirine et 5 patients [1,6 %]  dans le groupe sans aspirine ; différence absolue de 2,8 %, p=0,04).

Ces résultats sont discutés dans un éditorial par le M Parsons et C Levi de Newcastle en Australie. Ces auteurs considèrent que les médicaments choisis et la méthodologie n'étaient pas adaptés pour répondre à la question. Ils estiment que l'altéplase est relativement inefficace puisqu’elle ne recanalise qu’environ 50 % des vaisseaux occlus et très mal les occlusions proximales. Pour ces auteurs il aurait fallu cibler les patients avec une occlusion prouvée à l’angioscanner. Ils citent une étude dans laquelle 26 % des patients retenus pour la fibrinolyse n'avaient en fait pas d'occlusion et une autre étude où 15 % des patients avaient un volume infarci supérieur au tiers du territoire sylvien. Pour Parsons et Levi, ces différents biais peuvent expliquer l’échec rencontré dans cet essai. Ils concluent à la nécessité de sélectionner les patients pour ce type d’étude avec des techniques d’imagerie plus performantes.


Dr Christian Geny



Zinkstok SM, Roos YB, on behalf of the ARTIS investigators. : Early administration of aspirin in patients treated with alteplase for acute ischaemic stroke: a randomised controlled trial. Lancet 2012; publication avancée en ligne le 28 juin. Doi:10.1016/S0140-6736(12)60949-0 Parson M, Levi R. Reperfusion trials for acute ischaemic stroke. Lancet 2012 ; publication avancée en ligne le 28 juin. Doi:10.1016/S0140-6736(12)61043-5




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