La publication en 2002 des résultats de l’étude Women’s Health
Initiative a mis un coup d’arrêt aux prescriptions de traitements
hormonaux substitutifs (THS) de la ménopause. Les effets
indésirables du THS (augmentation du risque de cancer du sein et du
risque thrombo-embolique) en faisaient oublier ses effets
positifs et motivaient mises en garde et revirements dans les
recommandations.
Une équipe danoise publie ces jours-ci les résultats d’une étude
qui était en cours depuis 10 ans au moment de la publication des
résultats de l’étude WHI. L’objectif était de vérifier les effets
cardiovasculaires à long terme du THS. Etude randomisée, elle
comparait deux groupes de patientes ménopausées. Les unes (n=502)
avaient reçu un THS dès l’installation de leur ménopause. Il
s’agissait d’un traitement triphasique constitué de 17β-estradiol
et de norethistérone ou de 2mg de 17β-estradiol seul
quotidiennement pour les patientes hystérectomisées. Le groupe
témoin comprenait 504 patientes elles aussi ménopausées, ne
recevant aucun traitement. L’essai a été interrompu au moment de la
publication de l’étude WHI, mais les patientes suivies encore
pendant 6 ans.
A 10 ans, le THS paraît associé à une réduction de moitié de la
mortalité cardiovasculaire, des insuffisances cardiaques et
infarctus du myocarde (Hazard Ratio pour le critère composite 0,48
; intervalle de confiance à 95 % : 0,26-0,87 ; P=0,015). Ce
bénéfice ne s’accompagne pas d’une augmentation du nombre de
cancers du sein (10 dans le groupe traité vs 17) ni des thromboses
veineuses profondes ou des accidents vasculaires cérébraux. Six ans
plus tard, le bénéfice cardiovasculaire se maintient, toujours sans
augmentation de l’incidence des cancers du sein.
Le type d’hormones utilisées, l’âge moyen des patientes au début
du traitement (50 vs 64 ans) et surtout le délai entre la ménopause
et le début du traitement (0,7 vs 10 ans) expliqueraient la
contradiction entre ces résultats et ceux de WHI concernant le lien
entre THS et cancer du sein. Les auteurs notent toutefois que le
très faible nombre de cancers du sein développés dans chaque groupe
pendant le suivi confère un certain degré d’incertitude aux
résultats et interdit donc un excès d’enthousiasme.
Dr Roseline Péluchon
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