Au Centre de Prévention des Maladies Transmissibles (CPMT) du
CHU d’Amiens, il nous est apparu au cours des entretiens menés en
consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) que la
couverture vaccinale contre l’HPV était meilleure en 2011 que lors
des années précédentes. Nous avons donc revu rétrospectivement les
dossiers des patientes venues en dépistage au cours du premier
semestre 2011.
Les critères d’inclusion étaient bien sûr d’être une femme et
d’être âgée de 14 à 27 ans compris, 14 ans étant l’âge limite
inférieur de la vaccination HPV et 27 ans (23+4) l’âge maximum
qu’atteignent les premières femmes vaccinées depuis le
remboursement du vaccin.
Au total 317 femmes sont concernées : 139 ont été vaccinées soit
44 % de cette population.
On constate de fortes disparités en fonction de l’âge. Entre 14
et 18 ans, 84 % sont vaccinées, entre 19 et 23 ans 42 % et entre 24
et 27 ans, seulement 7,5 %.
Au total 93 % ont reçu un schéma complet soit 3 doses, seules
3,5 % ont reçu une dose et 3,5 %, 2 doses mais toutes étaient en
cours de vaccination.
Le vaccin Gardasil® est disponible en France depuis fin 2006 et
remboursé depuis 2007. Il est indiqué pour les jeunes filles de
14-23 ans.
La couverture vaccinale sur l’échantillon des 24-27 ans est
mauvaise, ce qui n’est pas surprenant puisque ces femmes étaient «
à la limite d’âge » quand le vaccin est sorti et elles n’ont donc
pas vraiment eu un délai suffisant pour recevoir cette vaccination.
En revanche les jeunes femmes de 19-23 ans qui étaient dans la
tranche d’âge concernée à la sortie du vaccin et débutaient leur
vie sexuelle, ont eu plus de temps pour envisager le vaccin et
faire les injections. Quand on sait que l’âge moyen des premiers
rapports sexuels se situe vers 17 ans, il est logique que seules 42
% de ces femmes soient vaccinées. Pour les jeunes entre 14-18 ans,
le saut est considérable avec 84 % de vaccinées. La grande campagne
de sensibilisation sur le sujet depuis 2007 a porté ses fruits et
ces dernières ont pu bénéficier du vaccin dès leurs 14 ans ou en
tout cas au plus tard dans la première année des rapports
sexuels.
On constate enfin que ces jeunes filles ont effectué, soit
aucune, soit toutes les injections.
Un des biais de cette étude pourrait être que les jeunes filles
se rendant au CPMT sont davantage concernées par leur santé que la
moyenne et que l’information est faite systématiquement par les
médecins consultants, mais la plupart sont arrivées chez nous déjà
vaccinées avec un schéma complet.
Lettre proposée par : Anne-Sophie FRESSE, CPMT, 16 rue Fernel, Amiens
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