Houston, le jeudi 2 août 2007 – Les Archives of Sexual Behavior
ont choisi de publier l’étude de Cindy M. Meston et de David M.
Buss, du département de psychologie de l’Université du Texas au
cœur de l’été, c'est-à-dire en une période où l’on prétend que les
amours sont les plus brûlants. Le sujet étudié par les deux
chercheurs américains se prête en effet particulièrement bien à la
torpeur du mois d’août : les psychologues texans ont souhaité
établir de façon systématique les différentes raisons qui poussent
les humains à faire l’amour. Il semble qu’il existe dans cette
question : « Why Humans Have Sex », plus qu’une taraudante
interrogation sur les mystères de la chair, mais une profonde
réflexion sur le propre de l’homme. En tout état de cause, à
l’origine des recherches de Cindy M. Meston et de David M. Buss
réside une observation étonnée. « Rares sont les travaux qui
s’intéressent aux raisons qu’ont les hommes de faire l’amour.
Historiquement, chacun pense en effet que la volonté de se
reproduire, d’avoir du plaisir ou de soulager un désir sexuel
peuvent seules être mises en avant », expliquent-ils en effet
en introduction. L’intuition des chercheurs présupposait que la
réalité est bien plus complexe : leurs résultats auront sans été
au-delà de leurs espérances dans ce domaine !
Je voulais changer de conversation !
Les chercheurs ont d’abord interrogé 444 personnes âgées de 17 à
52 ans afin d’établir une liste de motifs d’avoir une relation
sexuelle. Les 715 réponses obtenues ont été ramenées à 237 items,
afin d’écarter les doublons. Ainsi réduite, la liste s’est révélée
souvent surprenante. A côté de la classique attirance physique et
de la volonté d’avoir du plaisir, figuraient en effet des raisons
plus alambiquées tel que le souhait de « changer de
conversation », voire spirituelles comme la volonté de se «
rapprocher de Dieu ». D’autres n’ont pas caché des
ambitions utilitaristes lorsqu’ils avouent vouloir « brûler des
calories », tandis que certains souhaitent se montrer
reconnaissants en expliquant qu’ils ont pu faire l’amour parce que
leur partenaire les avaient invités dans un coûteux restaurant. La
vengeance peut également se révéler un profond aphrodisiaque, qu’il
s’agisse de rendre la monnaie de sa pièce à un partenaire infidèle,
voire ce qui se révèle plus inquiétant, d’espérer transmettre une
MST.
Les hommes n’hésitent pas à vendre leurs charmes
!
Les chercheurs ont classé ces bonnes et mauvaises raisons en
quatre catégories. Les premières étaient liées au physique, les
secondes à la réalisation d’objectifs (ce qui inclut certains items
liés à la promotion sociale), les troisièmes concernaient les
sentiments, tandis que les dernières avaient trait au sentiment
d’insécurité. On retrouve dans cette dernière catégorie des raisons
telles que : « C’était la seule manière d’obtenir que mon
partenaire passe du temps avec moi ». Ainsi organisée la liste
a été présentée à 1 549 étudiants âgés de 18 à 22 ans de
l’Université du Texas. Mettant fin à l’idée reçue selon laquelle
les femmes seraient définitivement sentimentales et les hommes
uniquement attirés par la performance physique, les participants
ont de concert répondu qu’ils faisaient l’amour pour répondre à une
attirance physique, pour avoir du plaisir ou pour se sentir bien.
Ladies et gentleman n’oublient pas dans cet étrange inventaire à la
Prévert la volonté d’exprimer leur amour (quatrième raison la plus
souvent citée par les femmes et cinquième par les hommes). Dans la
majorité des cas, les hommes et les femmes révèlent un palmarès
identique : vingt des vingt-cinq raisons les plus souvent citées
sont les mêmes chez les deux sexes. Il apparaît cependant que dans
cette mise à jour des raisons d’avoir une relation sexuelle, les
hommes citent plus fréquemment des raisons sociales, telle que
l’obtention d’une faveur ou d’une promotion.
C’est mon anniversaire !
Outre que son exhaustivité semble impossible à obtenir (de
l’aveu même des chercheurs), une telle liste laissée à
l’appréciation de 1 549 sujets peut contribuer à l’émergence de
classements étonnants. Il apparaît ainsi que la volonté de célébrer
un anniversaire est plus souvent citée que le simple fait d’avoir
une « opportunité ». Enfin, notons que si les chercheurs
souhaitent poursuivre leurs travaux en évoquant mille et une autre
raisons de faire l’amour, ils pourront sans doute ajouter le désir
d’être inclus dans une étude épidémiologique américaine !
M.P.
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