Helsinki, le jeudi 15 novembre 2007 – L’inquiétude est de plus
en plus vive en Finlande alors que 16 000 membres du Syndicat des
salariés de la santé et de l’assistance sociale (Tehy) ont annoncé
leur démission collective à partir du 19 novembre. Témoignant que
les communes qui emploient les infirmières et le gouvernement qui
assure le financement de ces communes n’ont pas l’intention de
répondre aux revendications des infirmières, des laborantines, des
physiothérapeutes et des sages-femmes, des transferts de patients
ont déjà été organisés vers les pays voisins de la Finlande. C’est
ainsi que deux femmes présentant une grossesse à risque ont été
transportées en avion ce mercredi 14 novembre, à bord d’un avion
médicalisé, afin de rejoindre Uppsala en Suède, où le principal
hôpital les a accueillies. D’autres transferts pourraient être
organisés dans les prochains jours, non seulement vers la Suède,
mais également en Allemagne.
Inégalités
Les infirmières finlandaises qui plus encore que dans les autres
pays de l’OCDE occupent une place prépondérante dans le système de
soins, en raison notamment d’une pénurie historique de médecins,
attendent des communes et du gouvernement un geste significatif
alors que des revalorisations salariales ont été récemment promises
à l’ensemble des employés municipaux. Ces hausses qui ont été
fixées à 9 % sur deux ans et demi, pourraient être de 12,7 % pour
les infirmières. Ces dernières souhaitent cependant obtenir le
double : soit une progression de leur rémunération de 24 % au cours
des 30 prochains mois. Ces revendications se justifient selon les
syndicats non seulement en raison du gel des salaires au cours des
vingt-cinq dernières années mais aussi parce qu’il existe une forte
inégalité entre les rémunérations des différents employés
municipaux, malgré des compétences comparables. Face à
l’inefficacité de leurs précédents mouvements de grève en raison de
la nécessité de répondre à l’obligation de service minimum, le
syndicat Tehy a choisi d’user de l’arme de la démission
collective.
Soutien presque unanime
Huit mois après les élections législatives qui ont entraîné un
fort affaiblissement du parti centriste en place et alors que la
campagne a été l’occasion de multiplier les promesses à l’intention
des employés communaux, les infirmières, traditionnellement ancrées
à droite dans ce pays, bénéficient d’un fort soutien de la
population. Toute tendance politique confondue, les Finlandais ont
exprimé à l’occasion de plusieurs sondages leur adhésion à ce
mouvement, bien que l’augmentation des rémunérations des
infirmières entraînera inévitablement dans plusieurs localités une
progression des impôts. Seul un quart des personnes interrogées se
déclare aujourd’hui hostile à l’action des infirmières et rejette
leur menace de démission.
L.C.
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