Paris, le 4 septembre. Ce sondage a de quoi faire réfléchir. Mis
en ligne sur le Jim le 17 août dernier, il a recueilli 682 votes en
moins de trois semaines. A la question, « Seriez-vous favorable, comme aux Etats-Unis, à
une vaccination systématique contre la grippe A (H1N1) de tous les
sujets de 6 mois à 24 ans ? », 61 % ont répondu par la
négative, seuls 35 % se sont déclarés favorables à cette mesure et
4 % ne se prononcent pas.
Rappelons que le Centre de Contrôle des Maladies (CDC)
d’Atlanta (Etats-Unis) recommande la vaccination des enfants de 6
mois à 18 ans « parce qu’ils représentent un gros vecteur de
propagation du virus » et des jeunes adultes de 19 à 24 ans « parce
qu’ils sont concernés par de nombreux cas de grippe A (H1/N1) et
qu’ils représentent une population très mobile ». Ainsi, une
vaccination massive des enfants et des jeunes jusqu’à 24 ans
permettrait de « casser » l’épidémie ou, tout au moins, de ralentir
sa propagation. De plus, les nourrissons sont plus susceptibles
d’être atteints d’une forme grave en raison de l’immaturité de leur
système immunitaire.
Il faut noter cependant qu’il n’existe pas de vaccin spécifique
pour les enfants et nourrissons et que des études sont en cours sur
ce thème.
Des réticences justifiées ?
Dans un précédent sondage mis en ligne le 23
juillet, 60 % des professionnels de santé étaient prêts à se faire
vacciner dès l’AMM du vaccin (et 33 % ne l’envisageaient pas
!).
Plusieurs raisons pourraient expliquer ce rejet d’une
vaccination systématique des sujets de 6 mois à 24 ans. Certains
mettent en avant les risques, minimes mais réels, de rencontrer le
syndrome Guillain-Barré. Déjà aux Etats-Unis, en 1976, 40 millions
de personnes s’étaient fait vacciner contre la grippe mais le
programme avait été interrompu devant l’apparition de cas de ce
syndrome sur 500 sujets. Trente n’avaient pas survécu.
La réaction du Dr Fabienne Piot à l’article sur les
professionnels de santé de Hong-Kong qui boudent la vaccination
contre la grippe A (H1/N1) (à lire ici :
http://www.jim.fr/e-docs/00/01/B0/22/document_actu_med.phtml)
est à ce sujet éloquente. Elle explique se vacciner
systématiquement chaque année (et depuis 20 ans) contre la grippe
saisonnière, mais avoir « de grosses réticences » sur le
vaccin contre la grippe A « préparé si rapidement ». Le Dr
Fabienne Piot pose finalement la question du moment : « Ne
pourrait-on pas interpréter cette réticence des médecins que nous
sommes comme une juste interrogation légitime ? ».
Une autre explication serait que les professionnels de santé
considèrent en majorité et comme Bernard Debré que cette
grippe A (H1/N1) n’est qu’une « grippette » et qu’elle ne
nécessite donc pas une vaccination systématique de la population la
plus concernée par la propagation de l’épidémie.
Enfin, certains estiment peut-être, comme le Pr André
Flahault, que ce type de vaccination systématique n’ayant
jamais été pratiqué pour la grippe, il est peut être risqué de s’y
lancer pour cette pandémie.
Quels que soient les motifs des professionnels de santé, leur
réticence aura des conséquences majeures sur l’évolution de la
pandémie. En effet, sauf émergence d’une gravité particulière de
l’infection, il est probable qu’un très grand nombre de sujets
(peut être même à risque) n’iront pas se faire vacciner… après
avoir pris conseil de leur médecin.
FB
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