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Pour les députés, il faut préférer les « génériqués »

Publié le 03/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 3 novembre 2009 – L’examen, étonnamment rapide, du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 par les députés la semaine dernière, inquiétait à plus d’un titre les médecins libéraux. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) listait la semaine dernière sur son site internet les sujets de discorde. Elle s’inquiétait notamment des dispositions visant selon elle à « piétiner la convention ». Le gouvernement semblait en effet favorable à une « prorogation d’un an » du texte actuel qui expire en février 2010 et que les syndicats, dont la représentativité a changé depuis 2007, aspirent ardemment à changer. Par ailleurs, la CSMF s’inquiétait du dépôt d’un amendement, porté par le député UMP Yves Bur, visant à aller au-delà du secteur optionnel créé par la voie conventionnelle et souhaitant imposer à tous les médecins installés en secteur 2 de pratiquer au moins 30 % de leurs actes au tarif de la Sécurité sociale.

Les médecins traités comme des « délinquants »

Au-delà des coups de boutoir infligés à la convention, la CSMF s’inquiétait par ailleurs des nombreux amendements tendant à considérer les praticiens comme de véritables « délinquants ». L’organisation citait notamment la proposition de doubler « les pénalités pour refus de soins, discrimination, ou défaut de transparence sur les tarifs ». Enfin, le syndicat encore majoritaire chez les spécialistes portait un regard particulièrement inquiet sur les amendements destinés à renforcer le poids des génériques et notamment à imposer la prescription de traitements disposant d’un équivalent générique.

Finalement, on ne touche pas au secteur 2

Alors que les députés ont achevé l’examen du texte vendredi dernier et qu’avant sa transmission au Sénat un vote solennel est attendu aujourd’hui au Palais Bourbon, la CSMF se montre satisfaite du texte modifié sur de nombreux points. Dans un communiqué rendu public hier, elle « constate » ainsi que « les députés se sont ressaisis en écartant un certain nombre » d’amendements qui semblaient, selon le syndicat, dirigés contre la médecine libérale. Elle ne peut notamment que se réjouir du rejet de l’amendement d’Yves Bur visant à l’encadrement les tarifs des praticiens installés en secteur 2 et se félicite encore du renoncement des députés à une prorogation automatique d’un an de la convention.

Quand les députés ne croient pas en l’innovation

Cependant, certains objets d’inquiétude demeurent. Les députés ont en effet adopté deux dispositions visant à favoriser les médicaments génériques. Il s’agit tout d’abord d’un texte qui précise que « les caractères organoleptiques » d’un produit ne peuvent faire l’objet d’un brevet. Mais l’amendement qui inquiète le plus la CSMF concerne celui qui tend à imposer aux praticiens de prescrire des médicaments connaissant un équivalent générique, plutôt que de nouveaux traitements. Ce texte qui semble clairement estimer que les innovations ne sont que des illusions prévoit de placer sous entente préalable les praticiens trop attirés par les sirènes de la nouveauté. Il précise cependant que la règle pourra être contournée face à des situations particulières tenant au patient. « Nous visons quelques dizaines de médecins, quelques centaines au plus, qui mettent une mauvaise volonté manifeste à appliquer un vieux principe du code de la Sécurité sociale : à qualité, sécurité et efficacité égales, un médecin doit prescrire au moindre coût » a expliqué l’incontournable Yves Bur. Cette brillante démonstration n’a nullement convaincu la CSMF qui dénonce dans son communiqué « un encadrement inacceptable de la pratique médicale » et une « disposition qui constitue une ingérence dans la politique conventionnelle ». Le syndicat s’en remet aujourd’hui (et comme tous les ans) à la sagesse du Sénat pour voir cet amendement disparaître de la version définitive du texte.



A.H.



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