Paris, le mercredi 4 novembre 2009 – Les changements d’époque
peuvent être clairement identifiés par l’évolution des mots. Jadis,
ainsi, on évoquait la « formation » des professionnels de santé,
aujourd’hui, alors que le « développement », qu’il soit « durable »
ou « personnel », est au cœur de toutes les priorités, l’idée de «
développement professionnel continu » a supplanté la vieille FMC.
La loi Hôpital patients santé territoire (HPST) porte en effet en
germe la création du DPC, qui devrait être prochainement rendu
obligatoire pour tous les professionnels de santé.
L’importance de proposer un DPC personnalisé
Plutôt que de redouter que le sort du DPC ne rejoigne celui
funeste de la formation continue, organisée par un décret de juin
2006 qui contenait en son sein plusieurs points qui empêchaient une
application correcte, l’Ordre des pharmaciens accueille cette
nouvelle notion de DPC avec enthousiasme. Dans sa lettre du 29
octobre dernier, il remarque ainsi : « Pour les pharmaciens, le DPC
est une approche nouvelle, qui englobe bien entendu l’amélioration
des connaissances, mais aussi celle des pratiques » et ajoute plus
loin : « Il s’agit d’une véritable remise à plat du dispositif de
suivi professionnel du pharmacien tout au long de son exercice, où
tout est à repenser et à créer ». Face à cette entreprise
ambitieuse, l’Ordre préconise de s’inspirer des exemples étrangers.
Chez nos voisins, notamment anglo-saxons, le DPC ou plus
généralement la formation professionnelle continue n’est en effet
plus une innovation. « Au niveau international, la question n’est
plus de savoir ce qu’est le DPC mais plutôt comment l’améliorer en
évaluant et réévaluant les moyens mis en œuvre » observe ainsi
l’Ordre en se référant aux différentes communications ayant porté
sur le sujet à l’occasion du congrès de l’International
pharmaceutical federation (FIP) à Istanbul en septembre. Des
expériences étrangères, l’Ordre semble tirer la conclusion de la
nécessité de mettre en place un dispositif souple. « La prise en
compte de la personnalité du professionnel » semble en effet
essentielle aux yeux de l’Ordre pour décider par exemple de
privilégier plutôt des actions individuelles ou en groupe, des
formations à distance ou non.
Tous concernés
Cependant, avant que ne se posent ces interrogations
pédagogiques, un long travail de structuration attend les pouvoirs
publics. Les Ordres devraient y prendre une large part puisque la
loi leur a donné un rôle de « contrôle du respect de l’obligation
de DPC ». Les Agences régionales de santé (ARS) seront également
sollicitées, ayant pour mission de « contribuer à l’évaluation et
la promotion de la formation ». Concernant le cas spécifique des
pharmaciens, la loi HPST insiste bien sur le fait que le DPC
s’impose aux pharmaciens officinaux comme à ceux exerçant dans des
établissements de santé privés et publics. Sur ce point, il est
notamment précisé que « Les employeurs publics et privés sont tenus
de prendre les dispositions permettant aux pharmaciens salariés de
respecter leur obligation de DPC dans les conditions fixées » par
le code de déontologie. Les textes soulignent en outre que l’un des
objectifs du DPC est « l’amélioration de la qualité et de la
sécurité des soins, ainsi que la prise en compte des priorités de
santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé
» : des mots d’ordre qui devraient avoir une résonance toute
particulière pour les pharmaciens hospitaliers.
A.H.
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