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Roselyne Bachelot ne revendra pas ses vaccins à la va-vite !

Publié le 05/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 5 novembre 2009 – Cette journée de rentrée scolaire pourrait signer un nouveau pic épidémique de grippe A (H1N1). Il n’aura cependant pas été nécessaire d’attendre la reprise des cours pour connaître ces derniers jours une nette augmentation des cas. Ainsi, les chiffres rendus publics hier par l’Institut national de veille sanitaire (InVS) font état d’une progression toujours soutenue du nombre de consultations en ville, qui sont passées de 266 000 à 341 000 en une semaine. Une augmentation parallèle des recours aux soins hospitaliers était également observée : avec un bond de 32,5 % par rapport à la semaine précédente.

39 malades en réanimation depuis une semaine

Depuis le 26 octobre, quatre nouveaux décès ont en outre été recensés, tandis que 39 personnes ont été hospitalisées en service de réanimation ou en soins intensifs. Au total, aujourd’hui, si l’on se réfère aux données des groupes régionaux d’observation de la grippe (GROG) et des Centres nationaux de référence Influenza, 203 personnes atteintes de la grippe A (H1N1) sont actuellement hospitalisées, dont 36 en soins intensifs. La moyenne d’âge de ces malades reste étonnement jeune : 25 ans pour les patients admis à l’hôpital et 35 ans pour ceux accueillis en soins intensifs. Chez les plus jeunes, la situation apparaît marquée par une progression des cas.
Si le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, affirmait ce matin sur RTL que les services d’urgence ne connaissaient pas de débordement, on évoque cependant des taux d’occupation élevés dans des services de réanimation pédiatrique francilien, des consultations ne désemplissant pas et ouvertes de 7 h 00 à 22 h 30 ou encore une hospitalisation de 3 % des jeunes patients se présentant à l’hôpital, dont 1 % en réanimation. Chez les adultes comme chez les plus jeunes, la responsabilité de la grippe A (H1N1) dans cette flambée des consultations apparaît indéniable. Ainsi, sur 316 prélèvements réalisés entre le 19 et le 25 octobre par les médecins des GROG, 30 % se sont révélés positifs. En outre, l’InVS observe que dans l’hémisphère Nord, le virus A (H1N1) représente 74 % des syndromes grippaux et 82 % en Europe.

10 % des personnels vaccinées à l’AP-HP

Face à une épidémie désormais bien installée, la campagne de vaccination des professionnels de santé hospitaliers pourrait connaître un nouveau tournant. Si le ministre de la Santé a reconnu ce matin des débuts timides, elle se félicite en effet d’une « très bonne accélération » ces derniers jours. « Nous avons 50 000 personnes à l’hôpital qui se sont fait vacciner. A l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, plus de 10 % des personnels sont vaccinés » a-t-elle précisé, alors qu’ils n’étaient pas plus de 3,5 % le 23 octobre. Sans doute, la progression de l’épidémie a-t-elle eu une influence sur certaines réticences. Tandis que le ministère remarque pour sa part que l’admission dans un établissement d’un patient atteint d’une forme grave de la grippe a souvent pour effet d’augmenter les demandes d’immunisation. Au-delà de la campagne concernant les soignants hospitaliers, c’est désormais l’opération visant le reste de la population qui est l’objet de toutes les attentions. Il a sur ce point été confirmé que les premières invitations à la vaccination seraient dans les boîtes aux lettres ce week-end : elles concernent les professionnels de santé libéraux, l’entourage proche des nourrissons de moins de 6 mois et les personnes à risque de moins de 65 ans.

Pas d’exportation de vaccins pour l’instant

Au total, on le sait, la France dispose de 94 millions de doses, un stock qui pourrait s’avérer trop important Cependant, face aux demandes de certains pays étrangers de leur revendre les vaccins surnuméraires, Roselyne Bachelot adopte la prudence en soulignant qu’elle souhaite attendre la confirmation scientifique qu’une seule injection est suffisante pour assurer l’immunisation.

Ne pas piquer à vif les libéraux

Le ministre n’aura par contre pas évoqué ce matin la proposition faite par les médecins libéraux de réaliser les vaccinations dans leurs cabinets. Cette suggestion a été formulée alors que pourraient être organisées des réquisitions de médecins généralistes par les préfets. L’offre se heurte cependant aux caractéristiques techniques des vaccins qui sont livrés par flacons de 50 doses en ce qui concerne le produit de GSK, de dix doses pour les vaccins de Novartis et Sanofi et de 100 doses pour Baxter. Pour les professionnels de santé, ce conditionnement ne doit cependant pas être considéré comme un obstacle irrépressible. « Même si ces modalités sont contraignantes, elles n’invalident pas notre proposition. Les médecins d’exercice individuel pourraient parfaitement s’organiser pour programmer ensemble des après-midi de vaccination. C’est justement sur ce terrain de la souplesse et de l’adaptation que les libéraux sont capables d’une souplesse et d’une adaptabilité irremplaçable », souligne le président de la Conférence nationale des présidents d’URML. Au ministère de la Santé où l’on sait l’importance de pouvoir s’appuyer sur une participation active des praticiens libéraux, on assure que l’idée n’est pas totalement écartée. Cependant, d’autres considérations paraissent la rendre peu réalisable, tenant lieu à la sécurité et à la nécessité de maintenir la chaîne du froid dans la livraison des doses.



A.H.



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