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Schéma vaccinal contre la grippe A (H1N1) : le Haut conseil de la santé publique dit un et le ministère dit deux !

Publié le 06/11/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le vendredi 6 novembre 2009 – Interrogé hier au micro de Jean-Michel Apathie sur RTL quant à la possibilité pour la France de revendre une partie de ses vaccins contre la grippe A (H1N1) à certains pays voisins qui l’ont sollicitée, le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a joué la carte de la prudence. Alors que la France a commandé 94 millions de doses qui pourraient s’avérer trop nombreuses dans le cadre d’un schéma vaccinal à une seule dose, le ministre a cependant indiqué qu’elle préférait attendre de plus amples données scientifiques qui confirmeraient qu’une seule injection confère effectivement une immunité suffisante.

Pour le HCSP, l’OMS et le CDC, un dose…

Vingt-quatre heures à peine après ces déclarations, le ministère de la Santé révèle ce matin dans un communiqué que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) rendra public aujourd’hui un avis qui « propose d’envisager de passer dès à présent à un schéma à une injection pour certains adultes de 18 à 60 ans ». Cette position tend à aligner la France sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et sur celles des Centres de contrôle des maladies (CDC) américains.

… pour le ministère 2 doses

Cependant, le ministère de la Santé, s’appuyant sur les dernières conclusions des agences françaises et européennes, choisit aujourd’hui de maintenir « à ce stade un schéma vaccinal prudentiel à deux injections pour l’ensemble de la population ». Cette décision, qui fait face, souligne le communiqué à l’absence « d’un véritable consensus scientifique à ce jour » « s’inscrit (…) dans le strict respect des autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’EMEA ». Le ministère de la Santé conforte en outre sa position en précisant d’une part qu’elle est également celle des autorités sanitaires allemandes et en rappelant d’autre part que « la durée de circulation » du virus reste « aujourd’hui inconnue ».

Dans les collectivités locales, on ne recompte pas que les doses de vaccin

Cette question sera sans doute de nouveau évoquée ce lundi 9 novembre alors qu’est prévue au ministère de la santé une nouvelle conférence de presse destinée à lancer la campagne de vaccination dédiée au grand public qui doit débuter le jeudi 12 novembre. En Province, les localités choisies pour accueillir des centres de vaccination ont déjà entamé leur préparation. Les vaccins doivent commencés à être livrés lundi 9 novembre et certaines municipalités ont déjà fait part des horaires d’ouverture des structures où auront lieu les vaccinations. Les polémiques enflent également dans certaines régions. Ainsi, à Orchies, dans le département du Nord, on s’alarme du déboursement par cette commune de 8 500 habitants de 60 000 euros pour l’organisation de la campagne. Cette avance de frais est particulièrement mal ressentie par les responsables locaux : « Nous avons déjà des difficultés à boucler notre budget avec la suppression de la taxe professionnelle alors avancer en plus le salaire de sept contrats vous imaginez ! » explique-t-on en effet. Cet exemple laisse pressentir d’inévitables incidents dans la mise en place de la campagne, qui ne manqueront pas d’éclater au grand jour dès la semaine prochaine.

Un million de Canadiens à vacciner chaque jour !

Il est à espérer que les disparités n’atteindront pas le niveau qui prévaut aujourd’hui au Canada. Des organisations très diverses donnent en effet lieu aujourd’hui à des taux de vaccination très inégaux. Ainsi, selon le Globe and Mail, si le Québec a déjà administré plus de 700 000 doses de vaccin sur les 1,3 millions dont il dispose, l’Ontario n’a immunisé que 322 000 personnes alors qu’il pourrait écouler jusqu’à 2,29 millions de vaccins ! Tant ces disparités que l’organisation générale de la campagne sont aujourd’hui l’objet de vives critiques. Chez nos cousins canadiens, l’opposition est en effet loin de reprocher son empressement aux pouvoirs publics, mais fustige au contraire sa lenteur, alors même que la vaccination a déjà largement commencé. Ainsi, le député libéral Bob Rae assure qu’il est nécessaire « qu’un million de Canadiens » soient « vaccinés chaque jour pour qu’ils soient tous vaccinés avant que l’épidémie atteigne son sommet dès la fin de novembre » !

A cette date, y aura-t-il seulement un million de Français immunisés ?



A.H.



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