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Inscrivez-vous et cotisez : c’est un Ordre (mais pas une menace) !

Publié le 02/02/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 2 février 2010 – Depuis son élection, la présidente de l’Ordre national des infirmières, Dominique Le Boeuf s’est distinguée par une fermeté sans faille face aux nombreuses critiques que suscitent non seulement l’existence de cette instance, mais plus certainement encore le montant choisi de la cotisation qui s’élève à 75 euros. Les dernières actions mises en place confirment qu’un geste en direction de ceux et celles qui continuent à s’opposer véhémentement à cette instance n’est pas à l’ordre du jour.

Huissier, majoration de la cotisation et exercice illégal

Alors que l’on ne dispose encore d’aucun chiffre sur le nombre d’infirmières dûment inscrites et tandis que les syndicats font valoir que la plupart des professionnelles n’ont pas renvoyé leur dossier, voire l’ont déchiré, le temps de « la relance » est venu. Ainsi, dans une lettre d’information interne envoyé aux 60 conseils départementaux en état de fonctionnement, la direction nationale souligne tout d’abord la nécessité de procéder au recensement des refus d’inscription « afin qu’une société de recouvrement et un huissier organisent les différentes procédures de recouvrement ». Elle énumère par ailleurs les différentes procédures qui peuvent (et doivent) être utilisées pour faire face à une situation « bloquante et préjudiciable ». Des lettres de rappel à la plainte pour exercice illégal, en passant par les relances téléphoniques, les mises en demeure et les majorations de cotisation : tous les moyens semblent envisagés ! Certaines infirmières en ont d’ailleurs déjà été alertées ; les missives de relance commençant en effet à parvenir dans les établissements et les cabinets. Il est offert aux professionnelles non inscrites un délai supplémentaire de quinze jours pour « régulariser leur situation », au-delà duquel l’Ordre « se réserve la possibilité d'user ultérieurement de tous les moyens de droit à sa disposition en vue de l'obtention de [l']inscription au tableau de l'Ordre et du règlement de [la] cotisation ordinale, notamment la cotisation sera majorée automatiquement d'une somme de 25 euros, destinée à couvrir les frais de traitement de la relance » peut-on lire. Les autres précisions sont aussi peu amènes, puisque il est rappelé que les infirmières non inscrites peuvent être « considérées (…) comme exerçant illégalement la profession » et pourront se voir « opposer de la part de leurs compagnies d’assurance un refus de couverture des dommages causés aux tiers dans le cadre de leur activité ». Pourtant, Dominique le Bœuf, dans un entretien accordé la semaine dernière à l’APM, se défend d’user désormais de « menaces » et souligne qu’il s’agit d’une procédure classique de relance.

Coût double

L’Ordre a également adressé un courrier aux directeurs d’hôpitaux et de cliniques afin qu’ils lui transmettent « la liste nominative des infirmières et infirmiers employés au sein de leur établissement », conformément à l’esprit de la loi HPST. L’instance ordinale juge en effet qu’en la matière, il n’est pas nécessaire d’attendre la publication du décret prévu ce printemps pour bénéficier du concours précieux des établissements de soin. Alors que de nouvelles manifestations ont été organisées la semaine dernière dans toute la France pour dénoncer l’existence d’un Ordre que nombre d’infirmières contestent et pour refuser une inscription longue (huit pages de formulaire sont à remplir) et coûteuse, l’avenir promet de nouvelles batailles. La présidente de l’Ordre a en effet confirmé qu’un nouvel appel à cotisation (dont on ne connaît pour l’heure le montant) pour l’année 2010-2011 serait bien lancé le 1er mai et que ceux et celles qui ne se seront pas acquittés du coût de la première inscription, se verraient obligés de payer les deux contributions.



Aurélie Haroche




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