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Du 8 au 12 mars : le printemps de la santé

Publié le 09/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 9 mars 2010 – Médecins généralistes en mal de reconnaissance, infirmières refusant de devoir sacrifier leur droit à un départ à la retraite à 55 ans, soignants des hôpitaux franciliens inquiets des restructurations annoncées : tous ont choisi cette semaine précédant le premier tour des élections régionales pour faire entendre leurs revendications et leur colère. Le point d’orgue de cette semaine de protestation touchant l’ensemble du secteur de la santé est prévu ce jeudi 11 mars, jour choisi par deux mouvements d’omnipraticiens et par plusieurs syndicats d’infirmiers pour présenter leurs doléances et revendications.

C à 23 euros et HPST

C’est ainsi que MG France, Union Généraliste, l’Union collégiale et le syndicat national des médecins généralistes (SNMG) proposent aux omnipraticiens de participer à un mouvement baptisé « La France sans médecins généralistes ». Avec cette manifestation, les quatre organisations semblent décidées à lancer la bataille du C à 23 euros : l’alignement du tarif de la consultation des généralistes sur celui des spécialistes est en effet le cheval de bataille de ces syndicats pour 2010. Parallèlement à cette opération, en Eure-et-Loire, c’est l’ensemble des professionnels de santé libéraux qui sont appelés à fermer leurs cabinets afin de protester contre « l’étatisation du système de santé » promise, selon les syndicats locaux, par l’application de la loi Hôpital patient santé territoire (HPST).

Un jeu de dupes qui attise la colère des infirmières

A la collision, potentiellement dommageable pour la visibilité des messages, entre ces deux mouvements distincts des praticiens, s’ajoute l’organisation d’une manifestation rassemblant des infirmières en colère ce même 11 mars. A l’appel de cinq organisations, ces professionnelles de santé devraient participer à un mouvement de grève destiné à dénoncer la teneur du protocole d’accord du 2 février qui subordonne le passage des infirmières en catégorie A à leur renoncement à un départ à la retraite à 55 ans. Fer de lance de cette action, le Syndicat national des professionnels infirmiers s’indigne notamment des économies qui pourraient être réalisées par les pouvoirs publics sous couvert d’une augmentation des rémunérations.C’est un avis rendu par le rapporteur de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale qui lui permet d’étayer cet argumentaire. Celui-ci signale en effet que « La suppression de la catégorie active aura pour effet de retarder le départ à la retraite des agents et donc de générer des économies importantes pour le régime de retraite de la fonction publique hospitalière, la CNRACL Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales. On assistera en effet à une moindre charge de pensions, liée au décalage des départs, pour les régimes de retraite ; et à un supplément de cotisation au titre des infirmiers qui prolongent leur activité. Selon l’objectif visé par le ministère d’un taux d’option pour la catégorie A de 75 % parmi les infirmiers susceptibles de liquider leur retraite dans la décennie, l’impact annuel de la mesure sur les comptes de la CNRACL serait un gain total de : 90 millions en 2011, 184 millions en 2012, 439 millions en 2015 », découvre-t-on. Le calcul ne manque pas d’attiser l’ire déjà importante du SNPI qui observe : « En résumé (…) on nous prend d’une main ce que l’on nous donne à l’autre ». La révélation de ce « jeu de dupes » pourrait contribuer à faire grossir les défilés après-demain.

Manifestations contre les restructurations des établissements de l’AP-HP

Enfin, pour les praticiens et infirmières qui auraient boudé les manifestations de jeudi, une séance de rattrapage leur sera offerte vendredi. Après une première opération de sensibilisation hier, lundi 8 mars, dédiée à la défense de l’hôpital Trousseau, les agents de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris doivent en effet participer à un rassemblement devant le siège de l’institution ce 12 mars à l’appel de la CFDT, CFTC, FO, SUD Santé et l’Usap CGT.



Aurélie Haroche



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