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Le 11 mars : dire ouïe à une journée sans baladeurs numériques ?

Publié le 11/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 11 mars 2010 – Oubliant votre folle jeunesse qui s’est déroulée enfermée dans votre chambre à écouter à des niveaux sonores peu avouables vos chanteurs préférés, vous ne supportez plus de voir les jeunes adolescents connectés perpétuellement à leur baladeur numérique. Si vous pensez qu’ils n’entendent pas vos remarques, sans doute n’avez-vous pas totalement tort. L’enquête réalisée auprès de 1 001 jeunes âgés de 12 à 25 ans par l’Association nationale de l’audition pour l’information et la prévention dans le domaine de l’audition en collaboration avec l’Institut d’étude Ad’hoc Research révèle que « le cercle familial n’est pas considéré comme un relais d’information » en ce qui concerne les méfaits de l’écoute prolongée de musique à des niveaux sonores très élevés.

Si on ne change pas, c’est qu’on ne sait pas !

Cependant, le sondage révèle que les adolescents et jeunes adultes ne sont pour autant pas totalement sourds aux recommandations. L’enquête révèle en effet que « 87 % des jeunes qui se disent informés des risques déclarent vouloir changer leur comportement d’écoute de leur baladeur, notamment en diminuant le son, en respectant des pauses et en réduisant leur durée d’écoute par jour ». Nos sages adolescents sont même un tiers à se « déclarer (…) prêt à changer radicalement leur comportement sur ces trois facteurs à la fois ». Dès lors pourquoi n’en font-ils rien et continuent-ils à demeurer accroc à leurs lecteurs MP3, reconnaissant « une durée d’écoute quotidienne (…) dépassant une heure et demie avec une écoute en continu de une heure », tandis que « ceux qui écoutent le plus longtemps leur baladeur sont aussi ceux qui l’écoutent le plus fort ». Qu’on se le dise ce n’est pas parce que les jeunes sondés savent parfaitement ce que l’on attend d’eux et répondent en conséquence, mais plus certainement parce qu’ils ne sont tout simplement pas alertés des pratiques à risque. En effet, seul un tiers des personnes interrogées « déclare avoir été informé sur les dangers des baladeurs numériques par des campagnes nationales de sensibilisation ».

Un jeune trop averti se trahit 

Pourtant, quand on cherche à savoir ce qu’ils savent en la matière, on observe qu’ils se sont parfois montrés trop attentifs à certains messages. Ainsi, deux tiers des jeunes ayant participé à l’enquête croient savoir que 80 dB « est le seuil maximum à ne pas dépasser » et ils ne sont qu’un tiers à connaître la véritable valeur limite, fixée à 100 dB ! Les adolescents qui jurent ne pas avoir été alertés semblent donc également trop bien avertis. Ces résultats marquent surtout combien est sans doute mal appréhendée la différence entre la réglementation en vigueur et les seuils de risque. Ainsi, s’il est exact que les baladeurs numériques vendus en France ne peuvent dépasser un niveau sonore de 100 décibels, « le seuil de nocivité commence à 85dB pour une écoute de longue durée » rappelle le Professeur Christian Gélis président de l’association, qui déplore le caractère « pervers » des normes appliquées. Dès lors, est-ce à une journée sans baladeurs numériques qu’il aurait fallu appeler aujourd’hui 11 mars, journée nationale de l’audition ? Ne serait-il pas plus pertinent de faire entendre la nécessité de réduire plus encore les volumes maximaux potentiels de ces appareils ? En tout état de cause, le danger apparaît bien réel : l’enquête de l’organisation JNA souligne en effet que « quatre jeune sur dix en moyenne ont déjà ressenti des bourdonnements dans la tête ou des sifflements dans les oreilles après une écoute prolongée de leur baladeur ». Or, quand on sait qu’entre 250 millions de baladeurs et 165 millions de lecteurs Mp ont été commercialisés ces quatre dernières années dans les pays de l’Union européenne, on mesure l’ampleur de cet enjeu de santé publique.



Aurélie Haroche



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