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Ceux qui refusent de porter un casque ont-ils vraiment un petit vélo ?

Publié le 11/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 11 mars 2010 – Les recommandations et les propositions de loi défendant la nécessité d’imposer le port du casque à tous les cyclistes ont beau se multiplier, cet appel à la prudence demeure mal acceptée par une grande partie des amateurs de bicyclette et l’essor de la pratique du vélo en ville ne semble rien y changer. Pourtant catégorique sur les bienfaits d’une telle protection, l’étude « Cyclistes victimes d’accidents » (CVA) rendue publie cette semaine par l’Institut national de veille sanitaire (InVS) ne permettra sans doute pas de convaincre totalement ceux qui ont fait du refus du casque leur cheval de bataille.

Seul, dans la nuit et sans casque : plus dure sera la chute !

Composée de trois volets, l’enquête de l’InVS dessine en premier lieu un profil des cyclistes victimes d’accidents, à partir du registre des accidents de la circulation du Rhône. Plusieurs données tendent à battre en brèche certaines idées reçues. Ainsi, à bicyclette, l’enfer ce n’est pas nécessairement les autres : en effet c’est plus souvent seul que l’on se blesse. « La majorité des cyclistes blessés le sont suite à un accident de vélo seul, autrement dit sans antagoniste : c’est le cas chez 85 % des enfants blessés (…), 73 % des cyclistes (…) hors ville et 62 % des cyclistes en ville ». Si les accidentés urbains voient plus souvent leur chute causer par un automobiliste qu’en rase campagne, ils sont moins souvent victimes d’une blessure grave que ceux qui choisissent les petits chemins de terre. « Cela s’explique notamment par des vitesses moindres en ville : la vitesse du cycliste lui-même et la vitesse des éventuels antagonistes » notent les auteurs de l’étude. De ces différents résultats, les responsables de l’enquête peuvent dresser différents facteurs de risque : le fait d’être un homme, âgé de plus de 45 ans, de circuler dans la nuit… mais aussi de ne pas porter de casque. Ce dernier a « un effet protecteur sur les blessures à la tête et à la face » remarque l’InVS.

Arguments de poids en faveur du casque

Les auteurs consacrent d’ailleurs à cette question du casque le deuxième volet de leur enquête. A partir du Registre des victimes d’accidents de la circulation dans le Rhône, ils se sont penchés sur les dossiers de 11 189 cyclistes accidentés entre 1996 et 2006. Leurs conclusions sont presque sans appel sur les mérites du casque : « Avoir un casque au moment de l’accident est associé à une division par plus de trois du risque de blessures au moins sérieuses à la tête, une division par 1,3 du risque de blessures toutes gravités à la tête, une division par 1,4 du risque de blessures toutes gravités à la face ». Ces résultats très en faveur du port de cette protection connaissent cependant une réserve : « toujours selon cette analyse, porter un casque au moment de l’accident à vélo est associé à une multiplication par 1,3 du risque de blessures toutes gravités au cou ». Face à cette corrélation, les auteurs avancent l’hypothèse suivante : « Certains arguent que le « poids » du casque (en toute rigueur sa masse) pourrait empirer l’accélération linéaire et/ou rotationnelle subie par la tête ». Les experts de l’InVS minimisent cependant la portée de ces résultats en soulignant que « Les blessures au cou sont nettement moins fréquentes que les blessures à la tête et à la face » avant de conclure sans appel : « Globalement, avoir un casque sur la tête lors d’un accident à vélo est donc bénéfique ».

Un casque pour les petites têtes !

Cette démonstration parviendra-t-elle à faire changer d’avis ceux qui restent opposés à l’idée d’arborer un casque lors de leur virée à bicyclette. La troisième partie de l’étude de l’InVS montre qu’à l’exception d’une obligation concernant les enfants (qui rencontre la faveur de la majorité des parents interrogés… bien que 18 % d’entre eux ne voient pas l’intérêt du port du casque en dehors du trafic automobile), « la moitié des cyclistes utilitaires s’y déclare opposés » en ce qui concerne les adultes. C’est notamment le caractère encombrant de l’objet qui est mis en avant pour en refuser l’utilisation.

Les cyclistes proposent quelques casques tests !

Au-delà de cet aspect pratique, les opposants au port du casque fourbissent leurs arguments sur le net. Ainsi, la Fédération française des usagers de la bicyclette proposait en novembre 2007 un dossier remettant en cause la nécessité du port du casque et mettant en évidence différents contre-exemples étrangers. Ainsi, reprenant des résultats publiés par la Sécurité routière en 2005, elle rappelle que les piétons et les automobilistes sont plus fréquemment victimes de traumatismes crâniens que les piétons, ce qui semble relativiser la nécessité d’obliger les cyclistes à porter une protection dont se passe tout un chacun pour un risque plus important. Rappelant en outre qu’en Australie et en Nouvelle Zélande l’obligation du port du casque a entraîné une diminution de la pratique du vélo, ces férus de la petite reine signalent que cette tendance est d’autant plus regrettable que le recours plus fréquent à la bicyclette ces dernières années, à la faveur notamment des dispositifs du type vélib, semble avoir coïncidé avec une diminution du nombre d’accidents. De fait, alors qu’entre juillet 2007 et juillet 2008 le nombre de déplacements à vélo a progressé de 70 %, le nombre d’accidents n’a pour sa part augmenté que de 21 %, ce qui « rapporté au nombre de déplacements à vélo » semble marquer une réduction du risque de 30 %.



Aurélie Haroche



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