Gap, le jeudi 26 août 2010 – Voici ce qui attend peut-être
certaines infirmières si leur instance ordinale décidait de mettre
à exécution ses menaces face aux professionnelles qui refusent
aujourd’hui de s’acquitter de leur cotisation. Si l’affaire
qu’examine aujourd’hui le tribunal de grande instance de Gap ne
concerne pas une infirmière, mais une kinésithérapeute, le contexte
est semblable : une opposition à l’obligation de s’inscrire à
l’Ordre.
Cotisation : là aussi, le nerf de la guerre
L’utilité et le fonctionnement de l’instance ordinale réservée
aux kinésithérapeutes sont depuis son instauration en 2006
fortement contestées. A l’instar de ce qui est observé aujourd’hui
chez les infirmières, c’est le montant des cotisations qui a fini
de renforcer le front d’opposition à cette instance. Les 280 euros
dont doivent s’acquitter les kinésithérapeutes libéraux et plus
encore les 130 à 200 euros exigés des kinésithérapeutes salariés
(en fonction de leur statut de cadre ou non) ont fait couler
beaucoup d’encre. Une grève de l’encadrement des stagiaires fut
notamment menée. Les contestataires n’obtinrent cependant jamais
gain de cause, qu’il s’agisse de la baisse de la cotisation et plus
encore de la disparition de l’instance. Aussi, le mouvement
s’est-il un peu essoufflé.
Délinquance en blouse blanche
Cependant, 8 000 kinésithérapeutes ne se seraient toujours pas
inscrits à l’Ordre (sur un peu plus de 60 000 professionnels en
activité en France). En outre, les organisations opposées à l’Ordre
continuent à se montrer très actives, notamment le groupe Alize,
qui a fédéré les différents courants d’opposants à l’Ordre qui
s’exprimaient chez les salariés et les libéraux. Cette association
a fait aujourd’hui de la défense des kinésithérapeutes poursuivis
par l’Ordre l’un de ses chevaux de bataille. Pour l’heure les
procès ont été rares. Aussi, Hélène Robert-Buira, kinésithérapeute
depuis 1986 ne comprend pas ce qui lui vaut d’être traitée de façon
exceptionnelle. Elle comparait en effet aujourd’hui devant le
tribunal de grande instance de Gap pour exercice illégal de la
profession de masseur kinésithérapeute. L’issue du procès devrait
lui être favorable: l’Ordre a en effet très récemment retiré sa
plainte après que la kinésithérapeute, passée de l’exercice mixte
au salariat exclusif, ait finalement choisi le 4 août d’envoyer son
dossier d’inscription. « C’est pieds et poings liés que je me
suis inscrite car je risquais le droit d’exercice »
explique-t-elle au Dauphiné Libéré. Cependant, l’audience étant
maintenue, Hélène Robert-Buira souhaite en faire une tribune. « Je
ne suis pas une délinquante qui met en danger ses concitoyens »
fait-elle notamment valoir.
Aurélie Haroche
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