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AP-HP : le rôle délicat de Claude Evin

Publié le 01/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mercredi 1er septembre 2010 – Dès l’évocation de la création d’Agences régionales de Santé (ARS) ayant pour mission de veiller à l’organisation des soins avec notamment dans leur giron la gestion des hôpitaux, la question épineuse de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) s’était posée. Habituée à des relations privilégiées avec le ministère de la Santé plutôt qu’avec les différentes instances administratives territoriales (et notamment l’Agence régionale d’hospitalisation), l’AP-HP observait en effet avec réticence la naissance de cette nouvelle « tutelle ». En nommant à la tête de l’ARS d’Ile de France Claude Evin, ancien ministre de la Santé socialiste, le gouvernement fit le pari que cette personnalité charismatique, gage d’une certaine ouverture, saurait endosser avec diplomatie sa périlleuse mission. De fait, depuis le début de l’année, Claude Evin multiplie les interviews indiquant son refus de s’immiscer dans les débats internes de l’AP-HP. Il précise cependant sa volonté d’être un interlocuteur actif en ce qui concerne la question de l’organisation des soins en Ile-de-France, ce qui implique nécessairement l’institution francilienne.

Trousseau : un débat internet à l’AP-HP

Alors qu’une réunion du directoire de l’AP-HP s’est tenue hier, qu’un conseil de surveillance est programmé aujourd’hui et que l’AP-HP souhaite adopter son très commenté plan stratégique le 15 septembre, Claude Evin a fait récemment la preuve de sa détermination à jouer un rôle essentiel dans l’avenir de l’AP-HP. Dans une lettre adressée au directeur général de l’AP-HP à la fin du mois de juillet, dont la teneur vient d’être révélée par l’APM, il révèle les conditions de sa collaboration avec l’AP-HP. Il insiste ainsi sur la nécessité pour l’AP-HP d’inscrire ses « choix stratégiques » dans la « stratégie régionale de l’ARS ». Ceci a différentes implications concernant les regroupements préparés fiévreusement par l’AP-HP. Ainsi, Claude Evin souligne que « la bonne synergie entre Louis Mourier et le Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre est indispensable ». D’autres exemples sont donnés par le directeur de l’ARS, concernant notamment l’offre de soins en gériatrie. Face au débat si vif autour de l’avenir de l’hôpital Trousseau, Claude Evin estime dans une interview au Quotidien du Médecin qu’il s’agit d’un dossier « interne à l’AP-HP. La question de Trousseau est très importante au regard de l’organisation de la pédiatrie spécialisée de Ile-de-France. Mais le positionnement géographique de cette activité très spécialisée à l’intérieur de l’AP-HP n’a pas d’impact sur l’organisation globale de l’offre de soins en Ile-de-France. Moi, ce qui m’importe, c’est que l’on ait dans la région une pédiatrie spécialisée à la fois bien organisée et de grande qualité », note-t-il.

Emploi : l’ARS s’en tiendra à des préoccupations globales

Si l’intervention de Claude Evin en ce qui concerne les regroupements reste donc discrète, le responsable de l’ARS se montre plus directif, mais toujours de manière habile, en ce qui concerne l’aspect budgétaire. Il souhaite en effet que soit réalisé un audit comptable et financier avant 2010 afin de disposer d’une « analyse claire et précise de la situation de gestion des principaux facteurs d’explication ou d’évolution future ». Mais là encore, l’ARS ne se risque pas à s’intéresser à des dossiers trop polémiques. Concernant la question de l’emploi, il est souligné que la vigilance de l’ARS ne s’exercera que sur « les indicateurs d’évolution de la masse salariale ».



Aurélie Haroche




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