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Hôpital au bord de la crise de nerfs : une infirmière se livre

Publié le 02/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 2 septembre 2010 – Martine Schachtel, cadre infirmière, prendra sa retraite dans quelques jours et quittera l’Hôpital Européen Georges Pompidou, sa dernière maison. En 30 ans de carrière, elle aura connu différents établissements et aura même exercé sa profession, sa passion comme elle l’expliquait dans un livre publié en 1991 intitulé « J’ai voulu être infirmière », à la prison Fleury-Mérogis. De cette expérience en milieu carcéral, elle avait voulu livrer un témoignage dans un récit baptisé : « Femmes en prison : les coulisses de Fleury-Mérogis » où elle s’attardait notamment sur le sort des bébés nés derrière les barreaux. Si à l’instar de ses précédents opus, son dernier ouvrage « L’hôpital à la dérive », publié aujourd’hui révèle une nouvelle fois son amour pour son métier, il offre également un témoignage amer sur l’évolution du milieu hospitalier.

Moins de temps pour soigner les malades que pour remplir des plannings

C’est ainsi qu’elle dénonce la rentabilité de plus en plus présente. « Aujourd’hui, on parle de patients mais aussi de plus en plus souvent de clients. On nous demande du chiffre. Maintenant, à l’hôpital, on parle de recettes et de dépense », constatait-elle mardi au micro de RMC. Conséquence, selon elle, de l’émergence de cette course à la rentabilité, le temps offert aux patients est considérablement réduit. Cette évolution est également le fait d’un accroissement ubuesque des tâches administratives. « Les formalités administratives, les contraintes de planning et d’occupations des lits prennent aujourd’hui l’essentiel de nos journées. Et pendant, ce temps on ne soigne pas les malades » explique-t-elle à l’Express. En outre, les hôpitaux sont confrontés à une pénurie d’infirmières, liée en grande partie, selon elle, à une diminution des vocations. En tant que cadre, elle affirme qu’elle ne parvient à « recruter que le tiers de ses effectifs infirmiers, un véritable casse-tête ». Elle souligne également qu’elle est de plus en plus souvent confrontée à des jeunes femmes « moins portées par la passion du métier que par le souci de trouver ‘un emploi’ ». Face à ce système à la dérive, aujourd’hui, Martine Schachtel quitte sans regret un métier qui a pourtant été au cœur de sa vie, tout en continuant à espérer des lendemains meilleurs, grâce notamment à une plus grande collaboration entre médecins et infirmières.



Aurélie Haroche



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