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La pharmacie de l’hôpital Cochin fermée aux séropositifs

Publié le 06/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le lundi 6 septembre 2010 – Les patients séropositifs pris en charge à l’hôpital Cochin ont depuis longtemps le sentiment qu’ils bénéficient dans cet établissement d’un accompagnement privilégié par rapport à de nombreux autres malades en France. Un réseau complet s’est en effet mis en place au fil du temps pour offrir aux séropositifs une structure optimale allant des consultations au service social en passant par la pharmacie. Cette dernière, jusqu’à ce vendredi 3 septembre, était en effet ouverte aux séropositifs, où ces derniers pouvaient recevoir leurs traitements. Pour les 600 à 700 patients qui décidaient chaque mois de se rendre à la pharmacie de l’hôpital Cochin plutôt que dans une officine de ville, ce choix comportait de nombreux avantages. Beaucoup sur le site du Collectif patients citoyens (COPACI) évoquent ainsi la possibilité de conserver plus facilement le secret sur sa maladie que dans une pharmacie de quartier. D’autres insistent sur le caractère précieux de l’éducation thérapeutique proposée par les pharmaciens de l’établissement, sur la chance de pouvoir dialoguer avec des professionnels connaissant parfaitement leurs attentes et leurs difficultés.

« C’est le lieu d’indispensables consultations d’observance » résumait le collectif au début du mois d’août dans une lettre au directeur général de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq. « Nos pharmaciens connaissent nos dossiers, ajustent nos traitements et nos ordonnances, dans l’urgence s’il le faut, en lien constant avec nos médecins » remarque encore ce groupement de patients. Enfin, se faire délivrer ses traitements par la pharmacie de l’hôpital Cochin permettait de se préserver des risques de ruptures d’approvisionnement, qui ne restent pas si rares pendant les périodes de vacances estivales (mais épargnent le plus souvent les grandes villes comme Paris).

Menace sur la qualité de la prise en charge du VIH en Ile-de-France ?

Pourtant, en dépit de la satisfaction des patients, ainsi que celle des pharmaciens, pouvant ainsi jouer ce rôle d’accompagnement auprès des malades, la pharmacie de l’hôpital Cochin a fermé son service de distribution des traitements aux séropositifs ce vendredi 3 septembre. Cette décision adoptée pendant l’été est liée à la réorganisation actuelle des services dédiés à la prise en charge du VIH au sein de l’AP-HP.

Multipliant les communiqués et invitant les patients concernés à une réunion d’information le 22 septembre, le Copaci considère que cette fermeture se révèle dangereuse pour un grand nombre de patients. Dans sa lettre à Benoît Leclercq, il évoquait ainsi le cas particulier des femmes enceintes suivies à Cochin, pour lesquelles la préservation de leur anonymat est souvent une priorité. Ils soulignaient également les inquiétudes des « patients en échec thérapeutique qui sont contraints de changer très souvent de traitements et qui, de ce fait, nécessitent un accompagnement médico-pharmaceutique et un soutien spécifiques pour modifier et ajuster le traitement dans l’urgence », décrit le collectif. Au-delà du sort de la pharmacie Cochin, c’est l’avenir global de la prise en charge du VIH en Ile-de-France qui inquiète l’organisation.



AH



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