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Claude Evin souhaite un seul bloc de garde la nuit par département en Ile de France

Publié le 06/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le lundi 6 septembre 2010 – Le rapport publié à la fin du mois de mars par la Cour des Comptes d’Ile-de-France, concernant la gestion de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), avait déjà observé comment les équipes de nuit comptaient souvent des effectifs plus nombreux que certaines équipes de l’après-midi. Ainsi, prenant comme exemple l’hôpital Henri Mondor à Créteil, il était observé que 1 689 agents composaient les équipes de jour (matin), contre 353 l’après-midi et 538 la nuit. Il semble que l’Agence régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France, dont on soulignait dans ces colonnes la semaine dernière le caractère délicat de sa mission, s’inquiète elle aussi de la répartition des soignants entre le jour et la nuit. Mais plutôt que d’appeler à une gestion plus affinée des plannings, un document de travail de l’institution présidée par Claude Evin, intitulé « Permanence des soins hospitaliers : organisation et financement » dont le Parisien a révélé l’existence ce dimanche, préconise une réduction drastique de l’offre de soins la nuit en Ile-de-France.

Un seul bloc par département

Si certains détails techniques n’ont pas été dévoilés, le projet, sans se pencher sur le cas de Paris, proposerait qu’au lieu de six à onze actuellement, un seul bloc reste ouvert dans chaque département entre 18h30 et 8 heures du matin, tandis que les jours fériés et le dimanche, on compterait également un seul bloc en activité pendant 24 heures. C’est dans ces établissements appelés « tête de pont » que seraient transférés les patients en urgence. Il est précisé que cette réduction ne concernerait pas les maternités et les services de cardiologie.

Rentabilité

Pour expliquer cette réorganisation qui n’a pas manqué, en juillet, lors du dévoilement du projet, d’interpeller les responsables de l’organisation de la permanence de soins en Ile de France, Claude Evin remarque : « Certains blocs opératoires tournent au ralenti, voire ont une activité nocturne quasi nulle ». Or affirme-t-il, on se prive, pendant la journée, de nombreux professionnels et notamment de chirurgiens mobilisés la nuit, autorisés le lendemain d’une garde à prendre un repos compensatoire.

Outre que le fait qu’une partie non négligeable de praticiens et notamment des chirurgiens n’hésite pas à enchaîner les nuits au sommeil un peu troublé et les journées de travail, la solution envisagée par Claude Evin ne manque pas d’être discutée. Elle l’est d’autant plus que l’ARS ne cache pas qu’un souci de rentabilité, le lui a inspirée. « Cette rationalisation doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (...) et rendre le dispositif plus efficient », peut-on lire dans le document.

Pourquoi garder des techniciens de garde dans les centrales nucléaires la nuit ?

Les réactions sont nombreuses et le plus souvent hostiles face à ce projet qui pourraient concerner toute la France. Claude Evin se veut diplomate et assure que rien n’est définitif. Ainsi, à François Aubart, président de la Coordination médicale hospitalière, qui s’insurge de la confusion faite entre la fin d’après-midi et la soirée (la tranche horaire de 18h30 à minuit) où les activités restent très soutenues et la pleine nuit, il assure : « S’il faut faire ce qu’on appelle une demi-garde, on organisera une demi-garde ». Mais les réticences vont bien au-delà de ce point technique. Le danger représenté pour les malades est invoqué, notamment par le secrétaire général de la Fédération hospitalière de France, Jean-Pierre Burnier, interrogé hier par Europe 1. L’Agence des médecins urgentistes de France met en garde pour sa part contre les engorgements des Samu, déjà souvent surchargés. Surtout, l’organisation appelle le président de l’ARS d’Ile de France à s’interroger sur la définition du travail de nuit : « Est-il envisageable de supprimer des centres de secours des pompiers au motif qu’il n’y a pas assez de feux la nuit ? Faut-il supprimer les gardes des techniciens dans les centrales nucléaires au motif qu’il n’y a jamais d’accident ? Nous parlons de la sécurité de la population. Tout le monde connaît les délais d’attente dans les services d’urgences. Qu’en sera-t-il demain quand il ne restera dans la plupart des hôpitaux qu’un médecin urgentiste à l’accueil avec du personnel soignant mais plus de chirurgien, plus de radiologue ni de biologiste sur place ? », interroge le syndicat très hostile au projet de l’ARS.



Aurélie Haroche



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