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Retraites : la pénibilité au cœur des revendications des praticiens hospitaliers

Publié le 07/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 7 septembre 2010 – Une partie des praticiens hospitaliers n’a pas attendu cette journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, ce 7 septembre, pour dénoncer le sort qui leur est réservé. Depuis une semaine, les anesthésistes réanimateurs (à l’appel du SNPHAR-E, du SMARNU et du SNMRMHP), les gynécologues obstétriciens (SYNGOF), les urgentistes (Samu-Urgences de France) et les pédiatres (SNPEH) mènent une grève commune des gardes. S’il n’est pas question pour ces praticiens d’abandonner leur poste la nuit et les week-ends, il attendent désormais systématiquement la réquisition de leur hiérarchie, afin de relancer le débat sur la pénibilité de leurs missions, liées notamment au travail nocturne.

Des pensions au niveau insuffisant

Aujourd’hui, plusieurs autres représentants des médecins et des pharmaciens hospitaliers les rejoignent dans leur combat. Ainsi, les quatre intersyndicales de praticiens hospitaliers, la Coordination médicale hospitalière (CMH), la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH), l’Intersyndicale nationale des praticiens hospitaliers (INPH) et le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux de Paris (SNAM-HP), signent un communiqué commun qui affirme que « Les médecins et pharmaciens des hôpitaux soutiennent les actions de sauvegarde des retraites ». Le texte lance également un appel à participer à la mobilisation générale. Les enjeux concernant spécifiquement les médecins et pharmaciens hospitaliers sont également évoqués. « Nos organisations rappellent que l’âge de la retraite est de 65 ans pour la communauté médicale hospitalière. Elles rappellent que la réforme de l’IRCANTEC visant à assurer sa pérennité n’a pas été compensée par l’élargissement de l’assiette de cotisation à l’ensemble des primes. Le niveau des pensions servies, qui atteint au mieux 55 %, reste notablement insuffisant (…). Les Intersyndicales représentant la communauté hospitalière exigent l’ouverture de négociations réelles, prenant en compte les diverses conditions d’exercice et les pénibilités en lien avec l’objectif d’un véritable projet de carrière à l’hôpital » peut-on lire.

Pénibilité : au cas par cas…

Sur cette question de la pénibilité, les praticiens hospitaliers pourraient être si non exaucés, tout du moins écoutés. Sur ce point en effet, à la différence du repoussement de l’âge légal du départ à la retraite, le gouvernement paraît prêt à certaines concessions. Sans distinction entre les secteurs d’activité, le texte actuel prévoit que les salariés présentant à l’âge de 60 ans une incapacité physique de plus de 20 % liée à une maladie professionnelle pourront conserver le droit de partir à la retraite à 60 ans (et non 62). Les syndicats estiment ces dispositions très insuffisantes (elles ne concerneraient de fait que 10 000 personnes par an) et sont hostiles à ces solutions individuelles. En l’espèce, chez les praticiens hospitaliers, elles seraient très rarement applicables. Par ailleurs, plusieurs questions sont en suspens, telle l’articulation de ce système avec les dispositifs déjà existants ou encore le mode de calcul des pensions face à des salariés n’ayant pas réalisé un nombre de trimestres suffisants. Le gouvernement pourrait prendre acte de certaines de ces critiques et attentes. Un abaissement du seuil de 20 % ou des évolutions quant à la définition des critères d’incapacité seraient envisagés.

…ou branche par branche ?

De son côté, le rapporteur de la loi, le député UMP Denis Jacquat élabore un amendement qui permettrait à chaque branche de signer des accords qui mettraient en place « un dispositif d’allègement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles », explique-t-il cité par le quotidien les Echos. Ces allégements pourraient aller dans certains cas jusqu’au départ anticipé à la retraite et ces dispositifs seraient financés par un fonds de mutualisation alimenté par les entreprises de chaque secteur. L’idée ne fait pas encore beaucoup d’émules et pourrait être difficile à mettre en place, par exemple à l’hôpital. Mais d’autres concessions possibles du gouvernement pourraient retenir l’attention des médecins et pharmaciens hospitaliers : des modifications des règles concernant les polypensionnés. Les personnes relevant de plusieurs régimes de retraites pourraient n’avoir à justifier que quelques années et non plus quinze ans au sein de la fonction publique pour bénéficier du régime des fonctionnaires, selon une proposition envisagée par le gouvernement.



Aurélie Haroche



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