Emploi des personnes handicapées : et si tout commençait par les assistantes de vie scolaire

Paris, le jeudi 18 novembre 2010 – Ce 18 novembre, sept familles de Pyrénées-Atlantiques sauront si la justice accepte de contraindre le rectorat de Bordeaux à engager de nouvelles auxiliaires de vies scolaires (AVSI) pour répondre aux besoins de leurs enfants handicapés. Elles fondent un grand espoir dans le fait que le rapporteur public se soit montré favorable à leurs demandes. Cependant, ces parents ne cachent pas leur amertume de devoir intenter une action en justice pour se faire entendre, face au silence de l’inspection académique. Ces Pyrénéens sont loin de connaître une situation inédite : partout en France des actions sont menées pour dénoncer le manque d’AVSI. A Lagnieu dans l’Ain, la mère d’un petit garçon de cinq ans s’est enchaînée aux grilles de l’école, en Alsace une grève des enseignants a été menée, en Seine-et-Marne la famille d’un enfant souffrant de trisomie tente de médiatiser l’affaire. Cette semaine, dans le Parisien, la mère rendait ainsi publique la réponse surprenante de la Mission départementale des personnes handicapées (MDPH) affirmant n’avoir pas « identifié de besoin particulier pouvant être compensé par la mise en place d’une auxiliaire de vie scolaire individuelle ».

Des AVSI en nombre insuffisant et insuffisamment formés

Il manquerait au total selon l’avenu du ministère de l’Education nationale 500 AVSI sur tout le territoire, un chiffre minimisé selon les associations de patients et les syndicats. Cependant, le gouvernement tarde à agir et se refuse notamment à répondre à la demande des parents de créer un véritable métier d’accompagnateur. En l’absence d’une telle volonté, les familles voient parfois arriver des auxiliaires, certes de bonne volonté, mais totalement incapables de répondre aux besoins des enfants. Le Pôle Emploi propose en effet à des profils très disparates ces contrats aidés de 18 mois. Pour le directeur général de l’UNAPEI (association de familles touchées par le handicap mental), Thierry Nouvel, interrogé ce matin sur France-Inter, la situation confine à l’absurde.

Un manque de formation qui fait le lit du chômage

Les conséquences de ces difficultés que rencontrent des centaines de familles quant à la scolarisation de leurs enfants sont d’autant plus dommageables que tous les observateurs s’unissent pour dénoncer le manque de formation des personnes handicapées. Ainsi, alors que se tient actuellement et jusqu’au 21 novembre la quatorzième édition de la Semaine nationale pour l’emploi des personnes handicapées, le manque de qualification de ces dernières est considérée comme le principal obstacle à résoudre. Aujourd’hui, on compte 54 % des entreprises soumises à l’obligation  d’embaucher au moins 6 % de salariés handicapés qui répondent à cet objectif. Elles ne sont par ailleurs plus que 22 % à ne compter aucun handicapé dans leurs rangs. Les freins à la progression de ces chiffres ne semblent plus uniquement liés à un manque de bonne volonté. « Tant que l’éducation nationale n’aura pas réglé l’accès des enfants handicapés à l’école, le problème restera entier », analyse frontalement Eric Blanchet, directeur général de l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT) cité par l’Express. De fait, les chiffres disent tous le manque de qualification des personnes handicapées : seules 4 % d’entre elles sont diplômées de grandes écoles. Elles sont également une très faible minorité, 18 %, à être titulaire du baccalauréat.

Aurélie Haroche

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