Aides : des dirigeants bien aidés ?

Paris, le mardi 25 janvier 2011 – Le financement des associations caritatives est depuis plusieurs années un sujet épineux : le scandale de l’ARC (Association de recherche contre le cancer) a en effet jeté un voile de suspicion sur le fonctionnement de certains de ces organismes qui vivent en grande partie grâce à la générosité publique. Aussi, régulièrement la Cour des comptes procède-t-elle à des analyses rigoureuses de leurs budgets. Concernant, l’association Aides, elle se serait montrée « résolument positive » si l’on en croit les responsables de cette organisation de lutte contre le Sida. Le Parisien en est moins sûr qui sans se contenter d’un satisfecit général rappelle dans ces colonnes aujourd’hui que la Cour des Comptes avait épinglé l’attribution d’un logement de fonction à Christian Saout président de la structure de 1998 à 2007. Allant plus loin, le quotidien, s’appuyant sur une étude confidentielle du cabinet conseil Sécafi affirme que cet appartement n’aurait été restitué par Christian Saout qu’en 2010. Décidemment très généreuse avec son ancien dirigeant, Aides verserait par ailleurs, toujours selon le Parisien, un salaire de 110 000 euros par an à celui qui exerce aujourd’hui la mission de Président d’honneur (fonction généralement bénévole se plaît à souligner le Parisien). Cette somme est cependant remboursée à Aides par une subvention d’Etat ce qui signifie que « ce ne sont pas les donateurs qui financent mon salaire » tient à préciser Christian Saout dans les colonnes du journal.

Démarchage de la rue : une méthode qui coûte cher

Les révélations ne s’arrêtent pas à la seule personnalité de Christian Saout. Le Parisien affirme également que le salaire de l’actuel directeur général s’élève à 9 500 euros par mois, une rémunération qui a progressé de 17 % entre 2007 et 2009. Au-delà du sort enviable des dirigeants de l’organisation, le quotidien met en évidence des frais de collecte élevés, qui représentent 20 % du budget de l’association (contre par exemple 11 % pour l’Association française contre les myopathies). Cette situation serait expliquée par la préférence accordée à Aides au démarchage dans la rue : une méthode apparemment plus coûteuse que le Téléthon. Mais les différences ne s’arrêtent pas là : l’organisation de lutte contre le Sida ne réserve que 60 % de son budget aux missions sociales, contre 78 % pour l’ARC et 83 % pour l’AFM.

Conférence de presse en urgence

Aides a rapidement réagi à la publication de ces données dénonçant tout d’abord la méthode des journalistes du Parisien qui n’auraient contacté qu’hier les dirigeants d’Aides et qui s’appuieraient sur le témoignage d’anciens salariés en conflit avec l’association. Bruno Spire, président de l’association doit tenir une conférence de presse en fin d’après-midi où les accusations du quotidien devraient être discutées point par point.

Aurélie Haroche

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